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Houda Chaloun, voyageuse tous azimuts

La Dépêche | 15 juillet 2017 à 15 h 28 min | Mis à jour 21 mars 2018

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Elle a lâché sa vie bien rangée d’ingénieure pour celle de globetrotteuse. Houda Chaloun partage depuis 3 ans ses expériences de voyage à travers le monde sur le blog Moroccan Nomad. Elle est aussi à l’origine du groupe « Les voyageuses » qui compte aujourd’hui 70.000 membres sur Facebook.

 

Ecouter les aventures de Houda Chaloun un soir d’été à la Sqala, c’est embarquer vite et loin. Cette globetrotteuse de 38 ans – coupe garçonne, manucure impeccable et rire franc – navigue à vue d’une anecdote à l’autre avec l’aisance de ceux qui aiment la rencontre. Il y est question de pingouins de l’Antarctique, du poète Rumi à Konya (Turquie) ou d’une communauté spirituelle, Source Temple, au sud du Brésil. « Je t’ai déjà raconté l’histoire du facteur chamane au Pérou? ». Cut. On rembobine et on repart. « Quand je raconte mes histoires, ça part dans toutes les directions ». Un modus operandi qu’elle applique à ses voyages réalisés sans préméditation depuis 3 ans, qu’elle relaye sur son blog Moroccan Nomad. La jeune femme affiche plus d’une trentaine de pays parcourus à son palmarès.

 

On the road again

 

Les voyages « à l’aveuglette », elle y prend goût toute gosse à Al Jadida dans les road trip improvisés par son père pendant les vacances. « Nous quittions la maison sans jamais savoir où nous allions, se souvient-elle. C’est seulement au moment d’atteindre le large rond-point à la sortie de la ville que nous décidions de la destination. À gauche? A droite? droit devant? On roulait et on dormait là où on en avait envie. « Par la suite Houda Chaloun s’amusera souvent à prendre le premier bus qui passe au Nicaragua ou ailleurs. La demoiselle change ses plans comme on change de chemise et son tour du monde d’un an se transforme rapidement en plan de vie. » Pour moi l’aventure, c’est cette absence de contrôle sur mon chemin. Au bout de quelques mois de voyage faire la check-list des endroits à voir absolument, ça ne m’intéressait plus. »

 

Dans les clous

 

Tout avait pourtant commencé bien droit sur des rails. Son bac en poche, Houda Chaloun entre à l’École Nationale Supérieure d’Informatique et d’Analyse des Systèmes (ENSIAS) à Rabat. Destination: ingénieure informatique. « Une vie standard » comme elle dit sans mépris, » j’ai fait ce qu’on attendait de moi ». Par moment, la jeune femme se rebiffe légèrement et laisse deviner un besoin de sortir des clous. « Je lisais des romans pendant les cours, les profs enrageaient. J’organisais une exposition du peintre Melehi à l’école, les gens ne comprenaient pas. Au fond, j’avais envie de faire de l’histoire de l’art ». Et Pourquoi pas? » Lorsqu’on est bon en sciences-maths, on enchaîne sur une prépa puis une école d’ingénieur. C’était tracé », s’amuse-t-elle. Tracés aussi ses 10 ans de carrière d’ingénieure au sein de multinationales, avec appartement, voiture et promotion inclus dans le kit. La réussite sociale, quoi. Alors, quand elle pose en 2014 un  congé sabbatique pour voyager en solo, ça fait tout de suite un peu désordre. Un coup de tête penseront certains, une intuition – une voix intérieure – dira l’intéressée. Chemin faisant, elle ne remettra plus un pied dans un bureau.

 

Profession blogueuse

 

Sa vie maintenant, elle la gagne à écrire sur son blog et dans divers magazines. Elle y dispense ses astuces: de l’épineux casse-tête des visas lorsqu’on possède un passeport vert aux « 15 avantages à être un voyageur marocain ».

 

Au fait, ça paye bien Globe-blogueuse professionnelle? « La vérité, pas grand chose, avoue-t-elle dans un éclat de rire. Le rapport à l’argent change forcément ». Son dernier voyage en Iran en mars dernier lui revient à 8 000 dh pour 2 mois, rencontres et couchsurfing aidant. Mais à qui sait gérer sa communauté de followers, les sponsors ouvrent grand leurs portes. Globe-blogueuse est devenue un métier et un business à part entière avec le boom des blogs voyages sur le Net. Les agences de tourisme en raffolent. Houda Chaloun, pragmatique avant tout, ne s’en prive pas. Mais elle tient à préciser: « je n’écris que si cela m’a plu, c’est le deal dès le départ ». Cela donne par exemple un tour en montgolfière à l’oeil dans la Cappadoce (Turquie).

 

« Les voyageuses »

 

La blogueuse va et vient et enchaîne les projets quand elle fait escale au Maroc. Il y a un an, elle lançait avec deux autres globetrotteuses, le groupe Facebook « Les voyageuses », espace de partage de témoignages, de conseils et de concours voyage proposés par les sponsors. Le succès dépasse les attentes. Elles sont aujourd’hui 70 000 membres essentiellement marocaines. « Les unes inspirent les autres ». Certaines s’inscrivent pour le seul plaisir de voyager virtuellement. Pendant le ramadan 2017, certaines d’entre elles se sont retrouvées le temps de « ftours voyages » organisés à Casablanca, Marrakech et Rabat. Prochaine étape: créer une plateforme dédiée. En attendant, Houda continue ce qu’elle sait faire le mieux: voyager en tous sens. Elle lorgne l’Asie du Sud-Est en août pour 1 mois. Mais rien de moins sûr. « Quand je pense partir quelque part un mois, j’y reste finalement huit! », plaisante-t-elle. Elle est comme ça Houda Chaloun, voyageuse sans préméditation.

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