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Les habitants de Jerada ont-ils vraiment entravé la rescousse du mineur décédé?

La Dépêche | 2 février 2018 à 12 h 25 min | Mis à jour 21 mars 2018

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Les versions sur le sauvetage du mineur décédé à Jerada le jeudi 1er février divergent. D’après les officiels, des individus ont entravé l’opération de sauvetage, une version contredite par des habitants du quartier Hassi Belal où le drame a eu lieu, qui estiment au contraire avoir fait le travail à la place de la Protection civile.

 

La communication officielle ne s’est pas fait attendre suite au du décès de Abderrahim, le mineur décédé suite à l’effondrement d’un puits clandestin d’extraction de charbon à Jerada.

 

Dans le communiqué publié quelques heures après l’accident qui s’est produit vers 11h du matin, les autorités locales de la cité charbonnière ont confirmé le décès du mineur, tout en accusant « un groupe d’individus » d’avoir entravé l’opération de secours.

 

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Le défunt de 32 ans avait trouvé la mort alors qu’il se trouvait à 80 mètres de profondeur dans une mine clandestine, en train d’extraire du charbon. Les deux hommes qui l’accompagnaient ont été eux aussi sortis du site par les habitants, avant que l’un d’entre eux ne soit transporté à l’hôpital Laouinat, où il est toujours sous traitement.

 

LIRE: À Jerada, un nouveau « Hirak » sur les mines de la mort?

 

 

Selon le communiqué officiel, une fois alertées, « les autorités locales et sécuritaires ainsi que les éléments de la Protection civile se sont rendus sur les lieux pour secourir la personne concernée, mais un groupe d’individus a délibérément empêché les autorités d’intervenir pour venir en aide à une personne en danger et prendre les mesures nécessaires ».

 

Ces personnes ont procédé à l’extraction du corps de la victime de la galerie, pour ensuite le transporter à bord d’un véhicule privé lors d’un cortège de protestation, en violation flagrante des lois en vigueur, précise-t-on du côté des autorités.

 

« Personne n’a empêché les pompiers d’intervenir »

Le communiqué des autorités a été remis en cause par les activistes du Hirak de Jerada et de personnes témoins de l’incident, qui déplorent des accusations mensongères.

 

Dans une déclaration à Ladepeche.ma, un témoin présent sur le lieu de l’incident raconte que « les pompiers ne sont arrivés qu’une demi-heure après l’effondrement de la mine.

Le survivant du drame était parvenu à remonter à la surface, et leur avait annoncé la mort d’un de ses compagnons ».

Selon notre source, les jeunes du quartier se sont portés volontaires pour extraire les deux mineurs toujours sous les décombres, après avoir demandé aux membres de la protection civile de les laisser s’en occuper vu « leur expérience dans la descente dans ce genre de puits ».

 

LIRE: À Jerada, la créativité au service de la contestation

 

« Seules les personnes habituées à travailler dans ces mines sont capables d’extraire les corps dans ce genre de situation », précise le témoin, niant toute confrontation des jeunes volontaires avec les membres de la Protection civile.

 

Les autorités ne l’entendent pas de cette oreille, et ont annoncé qu’une enquête a été ouverte pour « engager les procédures légales contre quiconque ayant résisté aux autorités publiques et entravé leur intervention pour porter secours à une personne en danger ».

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