Le titre peut laisser croire à une opposition, mais ZTNA et SASE ne sont pas concurrents : le ZTNA contrôle qui accède à quoi, tandis que le SASE est une architecture plus large qui réunit réseau et sécurité dans un service cloud, ZTNA compris.
Ces notions gagnent en importance en cybersécurité parce que les architectures réseau changent profondément : cloud, travail à distance et applications hébergées hors de l’entreprise rendent le vieux modèle du « réseau interne de confiance » insuffisant. Voyons ce que recouvrent le ZTNA (Zero Trust Network Access) et le SASE (Secure Access Service Edge).
Qu’est-ce que le ZTNA ?

L’accès Zero Trust, ou « zéro confiance », est un modèle de sécurité qui refuse l’accès par défaut. Aucun utilisateur ni appareil n’est jugé fiable du seul fait qu’il se trouve sur le réseau de l’entreprise. L’accès est accordé application par application, selon le principe du moindre privilège, et la confiance est réévaluée en continu.
Trois grands types de signaux sont pris en compte :
- L’identité : qui se connecte, avec quelle authentification (idéalement multifacteur) ?
- Le contexte : lieu, horaire, comportement inhabituel, connexion depuis un nouveau pays.
- L’appareil : poste géré ou personnel, système à jour, chiffrement activé.
Par exemple, un employé connecté depuis son ordinateur professionnel accède au tableur de la comptabilité. Si la même personne se connecte soudain depuis un autre pays avec un appareil inconnu, une vérification supplémentaire est exigée, voire l’accès est bloqué. L’utilisateur n’est pas pour autant interrogé à chaque clic : les contrôles s’adaptent au risque.
Voilà pourquoi l’appellation ZTNA ou zéro confiance. La vérification se veut pointue et constante, en plus d’accorder des accès très limités.
Qu’est-ce que le SASE ?
Le SASE, concept décrit par Gartner en 2019, est un modèle d’architecture cloud qui réunit des fonctions réseau et de sécurité dans un service unique. Le but est d’offrir une connexion sécurisée, quel que soit le lieu ou l’appareil de l’utilisateur, sans faire passer tout le trafic par le centre de données de l’entreprise.
Ainsi, pour optimiser la cybersécurité d’un système informatique, le SASE rassemble au sein d’un seul service cloud un SD-WAN, une passerelle web sécurisée (SWG), un pare-feu en tant que service (FWaaS), un CASB et le ZTNA.
Le ZTNA s’intègre dans le SASE
Comme nous le disions au début, ZTNA et SASE sont complémentaires. Le SASE est un modèle plus large, il englobe le ZTNA. Dans une politique zéro confiance, le SASE est un outil plus vaste, une architecture globale dans laquelle s’intègre le ZTNA.
On parle aussi de SSE (Security Service Edge) : c’est la partie purement sécurité du SASE (ZTNA, passerelle web, CASB, pare-feu cloud), sans le volet SD-WAN. Certaines entreprises commencent par là.
Comparatif : VPN, ZTNA et SASE
| Critère | VPN classique | ZTNA | SASE |
|---|---|---|---|
| Principe | Tunnel vers le réseau de l’entreprise | Accès limité à chaque application, vérifié en continu | Réseau et sécurité réunis dans un service cloud |
| Périmètre d’accès | Souvent large une fois connecté | Restreint au strict nécessaire | Dépend des fonctions activées, ZTNA inclus |
| Usage typique | Accès distant simple | Télétravail, prestataires | Sites multiples, cloud, mobilité |
Cas d’usage et conseils de choix
- Télétravail : le ZTNA remplace ou complète le VPN en limitant l’accès aux applications utiles.
- Prestataires externes : accès restreint à une seule application, sans accès au réseau interne.
- Multi-sites et cloud : le SASE simplifie la gestion de nombreuses agences et applications SaaS.
Avant de choisir, dressez l’inventaire de vos applications, vérifiez la compatibilité avec votre annuaire d’identités, prévoyez une migration progressive et testez sur un groupe pilote. Pour un projet de cette ampleur, l’appui d’un intégrateur ou d’un spécialiste en sécurité est recommandé.

Fondateur de La Dépêche Tech, William O’Rain accompagne PME et médias dans leur croissance digitale. Ses sujets : IA, e-commerce, marketing web, cybersécurité, product & growth. Objectif : transformer l’actu en décisions opérationnelles.

