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Voilà pourquoi le Maroc ne pourra pas organiser le mondial

La Dépêche | 25 août 2017 à 8 h 14 min | Mis à jour 25 août 2017

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Voilà pourquoi le Maroc ne pourra pas organiser le mondial
© Sami Ameur

Le Maroc vient de réaliser un de ses gestes techniques favoris : le dépôt de candidature à l’organisation de la coupe du monde.

Rappelons aux plus jeunes de nos lecteurs que nous avons postulé à celles de 1994, 1998, 2006 et 2010, et que nous les avons toutes perdues. Nous revenons à la charge, avec un certain panache, et réclamons l’édition 2026 qui, il faut le préciser, accueillera 48 équipes. Cette noble ambition a quelque chose d’un peu angoissant.

Ceux qui suivent le foot marocain le savent, nous avons le plus grand mal à organiser notre championnat. Les stades sont en perpétuelle réfection, les accès sont catastrophiques, les tribunes peu sécurisées, les places non numérotées, et seule la décence nous empêche de parler des sanitaires.

Nous avons organisé deux coupes du monde des clubs, une compétition qui comprend sept équipes à peine. En 2013, le public est resté confiné au stade des heures après la fin de la finale sans qu’on ne lui fournisse la moindre explication, et en 2014, il a fallu reprogrammer en catastrophe un match Marrakech, la pelouse de Rabat ayant pris l’eau devant les caméras du monde entier.

On va arrêter tout de suite cette liste, la déprime menace. L’amour du pays ne doit pas prendre le pas sur la lucidité. Un nouveau refus serait embarrassant, un succès peut être encore plus. On pourrait peut-être commencer par mettre de l’ordre dans notre football, gangrené par les scandales financiers, le hooliganisme, les simulations. On pourrait dans la foulée faire en sorte que le « pro » accolé précipitamment à notre botola soit autre chose qu’un simple mot.

On pourrait se concentrer sur l’accueil du public, qui a reporté sa passion en masse sur la liga. On pourrait s’occuper aussi du foot amateur, moins clinquant, mais hautement profitable à une société comme la nôtre, ou le sport peut jouer un rôle thérapeutique. Oui, il y a beaucoup de choses à faire avant de réclamer l’organisation de la fête mondiale, qui par ailleurs est devenue dans ces dernières éditions un gigantesque gouffre financier. Mais ce n’est qu’un avis, bien sûr, une simple opinion exprimée depuis le fond d’un seddari…

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