fbpx
Publicité Publicité Publicité
Publicité
Publicité

Voici ce que contient le rapport remis au roi sur Al Hoceima

La Dépêche | 11 octobre 2017 à 15 h 12 min | Mis à jour 21 mars 2018

Par

Publicité

Mohammed VI a accordé le 10 octobre une semaine supplémentaire à la Cour des comptes pour l’examen des rapports de la commission d’enquête sur les retards dans le programme « Al Hoceima, phare de la méditerranée ». Mais que contenait au juste le document remis au monarque?

 

Ni fraude ni malversation. C’est la conclusion laconique du communiqué du cabinet royal, diffusé à l’issue de la présentation à Mohammed VI du rapport d’audit portant sur les retards enregistrés dans le programme de développement régional d’Al Hoceima, le 2 octobre. Soit. Mais encore?

Que contenait au juste le rapport d’audit soumis au roi?  En se basant sur des informations recueillies auprès de sources ayant participé à l’enquête, La Dépêche en révèle une partie.

 

Où est l’argent?

Première information que nous avons pu recueillir: contrairement à ce qui a été relayé par certains médias, les retards enregistrés dans la mise en place du programme « Al Hoceima, phare de la méditerranée » ne sont pas dus à « une mauvaise gestion des budgets », d’après le rapport remis à Mohammed VI. Selon nos sources, l’enquête menée par la commission désignée par le souverain, et qui comptait des membres des ministères des Finances et de l’Intérieur, révèle que Rabat n’a jamais transféré certains budgets aux autorités locales.

Conséquence, plusieurs projets à Al Hoceima accusent des retards dans leur mise en place, mais pas que: « D’autres projets n’existent jusque-là que sur le papier », assure notre source.

Exemple, une marina au littoral d’Al Hoceima, dont les études de réalisation n’ont pas encore été lancées

 

LIRE: Avoir 20 ans à Al Hoceima

 

Parmi les nombreux budgets non reçus, des sommes considérables étaient censées être versées notamment par les ministères de la Santé et du Sport à leurs délégations provinciales à Al Hoceima, pour la réalisation d’un hôpital régional (347 millions de dirhams) et d’un « grand stade » (250 millions de dirhams) dans la capitale du Rif. N’ayant pas reçu les fonds, les autorités à Al Hoceima se sont retrouvées « bloquées », comme l’a commenté notre source. Ces deux « grands chantiers », dont l’achèvement avait été prévu pour l’année 2019, n’ont finalement démarré qu’en avril 2017 pour l’hôpital, et trois mois plus tard pour le stade.

« Ne faites rien, c’est les élections »

C’est durant l’année 2016 que les chantiers du « Al Hoceima, phare de la méditerranée » devaient être lancés. Cette année allait également connaître la tenue des deuxièmes élections législatives depuis l’adoption de la Constitution de 2011. « En général, lorsqu’il y a des élections qui approchent, les projets de développement sont retardés pour éviter que les politiques ne soient accusés de mener des campagnes électorales prématurées », explique notre interlocuteur, assurant que les rapports d’enquête remis au roi précisent que plusieurs projets n’ont pas pu être réalisés en 2016 car il s’agissait d’une « année électorale ».

Selon la même source, certains responsables à Al Hoceima ont « déclaré aux enquêteurs avoir reçu des instructions pour ne pas lancer des travaux ».

 

LIRE: Il était une fois le Clubmed à Al Hoceima

 

Pas de gouvernement, pas de budget

L’échec de Abdelilah Benkirane à former un gouvernement après les élections législatives de 2016 a, à son tour, contribué au retard d’exécution du programme « Al Hoceima, phare de de la méditerranée », d’après l’enquête. Le blocage gouvernemental, qui a duré six mois, avait empêché l’adoption de la loi de finances 2017 dans les délais fixés. Conséquence, pour cette année-là, aucun des projets prévus à Al Hoceima n’a reçu les fonds nécessaires à sa réalisation, causant le retard, voire la non exécution des chantiers de développement dans la capitale du Rif.


LIRE: « Les gens du dakhil doivent venir à Al Hoceima voir comment on vit ici »

 

Le temps du rattrapage

Le travail de la commission d’enquête a également consisté à faire l’état des lieux actuel des projets, indique notre interlocuteur. Suite à l’appel du roi au Conseil des ministres du 25 juin 2017 à « l’accélération de l’exécution des projets de développement à Al Hoceima », le rapport de la commision note certaines réalisations. En vrac:  l’accomplissement de l’équipement en nouveau matériel du Centre régional d’oncologie d’Al Hoceima, et de la construction d’un l’hôpital de proximité à Imzouren (14 km d’Al Hoceima), dont les travaux sont achevés à 80%, ou encore la construction d’un théâtre et d’un conservatoire de musique, qui devraient vraisemblablement être livrés dans les délais prévus selon le rapport. Rendez-vous en 2019 pour juger sur pièce.

Abonnez-vous à notre newsletter

Restez informé ! Dès maintenant et en quelques clics, inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter et recevez en exclusivité nos derniers articles.