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VIDÉOS – Boycott, quand les députés font leur show

La Dépêche | 14 mai 2018 à 18 h 33 min | Mis à jour 14 mai 2018

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Confiné pendant plusieurs semaines aux réseaux sociaux, le débat sur le boycott a fait une entrée fracassante au Parlement, entre sorties tonitruantes des députés et démonstration de force du ministre Lahcen Daoudi. Florilège.

 

Alors que l’on pensait révolu le temps des chamailleries sous la Coupole après le départ du sulfureux Abdelilah Benkirane, les querelles resurgissent cette fois-ci sur un sujet qui divise l’opinion publique, opérateurs économiques et politiques marocains.

 

L’accalmie qui régnait jusqu’alors dans l’hémicycle s’est brisée aussitôt que la campagne de boycott de trois marques y a été évoquée. Jamais les ministres de l’actuel gouvernement n’ont eu à faire face à autant de reproches et de blâmes, y compris en provenance de leur propre camp.

 

Portant essentiellement sur le boycott de l’eau minérale Sidi Ali, du lait de Centrale Danone et des stations-service Afriquia par une partie de la population, la séance de questions orales qui s’est tenue le 7 mai dernier a été houleuse. Qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, les députés ayant pris la parole ont tiré à boulets rouges sur le gouvernement El Othmani, lui reprochant son “mutisme” au sujet du boycott de ces trois produits de grande consommation, à l’approche du mois de ramadan.

 

LIRE: 7 questions pour comprendre la campagne de boycott

 
L’allocution la plus remarquée de cette séance fut sans doute celle de Abdellatif Ouahbi, une des figures du PAM pourtant réputé pour son calme, qui, tantôt en pointant du doigt la rangée des ministres, tantôt en tapant avec vigueur sur le pupitre, s’est lancé dans une diatribe furieuse contre les membres de l’exécutif, suivie d’une salve d’applaudissements de ses collègues. « Des forces du peuple marocain ont appelé au boycott. Le gouvernement ne répond pas. Bien au contraire, les ministres ont insulté ces Marocains. Ils les ont qualifiés d’étourdis, certains les ont même traités de bétail » a-t-il fustigé. »Posez-leur la question : ‘pourquoi boycottez-vous ?’ Ce peuple n’a-t-il pas le droit de discuter avec vous ? », s’est interrogé Ouahbi en s’adressant à Lahcen Daoudi, ministre délégué auprès du Chef du Gouvernement chargé des Affaires générales et de la Gouvernance.

 

 

Emboîtant le pas à son collègue, Noureddine Moudiane, président du groupe de l’Istiqlal, a, quant à lui, indiqué que « la fuite en avant ne mène nulle part« . « Il y a un cafouillage et une incapacité du gouvernement à répondre à ce qui se passe sur les réseaux sociaux. On attendait une réponse franche, mais le silence du gouvernement n’est autre qu’un aveu d’une augmentation généralisée des prix, avant et après Ramadan. Le gouvernement ne doit pas se limiter à laisser la libre concurrence opérer sur le marché, il doit aussi protéger le pouvoir d’achat des citoyens« , a déploré l’éternel élu du parti nationaliste de la province d’Al Hoceima.

 

De même que le gouvernement s’est attiré les foudres des groupes de l’opposition au sujet du boycott, les parlementaires de la majorité n’ont pas été plus tendres envers leurs collègues du parti de la lanterne. Abdallah Bouanou (minute 4:50), ancien président du groupe PJD à la première Chambre: « Quand le peuple se mobilise pour une cause, on ne lui répond pas par des insultes et des injures. On communique avec lui dans les règles de l’art« , s’est ainsi désolé le président de la Commission parlementaire chargée de la mission d’information sur les prix des carburants.

 

Une marée de critiques fermes et de réactions indignées de la part des députés qui n’a trouvé face à elle que les réponses évasives de Lahcen Daoudi: « Le gouvernement n’est pas responsable des insultes, il n’y a jusque-là aucune position officielle. Ne confondez pas ce que dit un ministre et la position du gouvernement, car c’est de la surenchère« , a averti en substance le cador de la formation islamiste.

 

Il était une fois Daoudi

Le même Lahcen Daoudi qui, aujourd’hui, défend bec et ongles les politiques du gouvernement et désavoue les « surenchères » des parlementaires sur le coût de la vie, était hier encore un fervent défenseur du pouvoir d’achat des Marocains. Avant l’accession de son parti au pouvoir, en véritable showman, le haut-cadre du PJD poussait souvent l’assemblée à l’applaudir pour ses oppositions véhémentes aux gouvernements « responsables de la hausse des prix ». Mais ça, c’était avant…

 

 

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