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Tout sauf l’héritage !

La Dépêche | 13 avril 2018 à 20 h 22 min | Mis à jour 14 avril 2018

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« L’égalité dans l’héritage est un droit, non une faveur ». Parmi les nombreux décors thématiques suggérés par les différentes ONG nationales et internationales sur les réseaux sociaux et que je n’ai pas hésité à appliquer sur ma photo de profil, je dois avouer que celui adopté par Amnesty International reste le plus provocant et le plus percutant de tous.

 

Un décor qui a enflammé la colère des uns et suscité le rire narquois des autres. « Tout sauf l’héritage », rétorquent-ils sur un ton tranchant mêlé de menaces sous-entendues. Interrogeons cette phrase de plus près. Et si on mettait des mots sur ce « Tout » qui, à leurs yeux, demeure moins grave que la revendication de l’égalité dans l’héritage ? On verrait certainement s’y accumuler une foultitude de problématiques et de polémiques qui ne sont nullement moins sérieuses qu’un débat sur la réforme du droit successoral.

 

Dans le Maroc de 2018, on continue ainsi de créer autour de la question de l’héritage un discours réfractaire à toute relecture ou discussion ; ce qui fait d’elle un tabou religieux et sociétal des plus compliqués.

 

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LIRE: Héritage au Maroc: Mode d’emploi

 

Maintenant que le concept du Taâssib fait débat, il est important d’étudier le système sociétal dans lequel s’applique cette règle, c’est-à-dire de porter un regard scientifique et impartial sur le régime successoral en le soumettant à la lumière des changements socio-économiques, démographiques et culturels qui ont modelé la société marocaine actuelle. Nous n’avons pas à clore le débat à chaque fois que l’on tente de mettre à l’ordre du jour tout ce que nous prétendons immuable. Il suffit d’admettre que tout est susceptible d’un nouveau regard et d’une actualisation afin de protéger les différents droits de chaque citoyen et citoyenne.

 

En effet, le blocage qui se saisit de certains esprits réside dans le fait que l’héritage par Taâssib est conçu comme un principe sacré nullement susceptible d’une relecture ou d’une révision. A y regarder de plus près, il semble que l’Ijtihad national est trop machiste pour repenser la situation de la femme marocaine alors que notre droit, bien qu’inspiré en partie de la Charia, n’inclut pas par exemple les châtiments corporels prévus par cette dernière, tels l’amputation des mains du voleur ou de la voleuse ou les coups de fouet contre les fornicateurs.

 

Or, il n’est pas question de désacraliser le Coran ou de chambouler son contenu. Il s’agit uniquement de protéger les droits élémentaires des femmes qui, n’ayant pas de frère ou de fils, se trouvent privées d’un héritage qui leur revient en premier et qui bénéficie au final à un oncle, à un cousin ou à un fils de cousin selon la règle du Taâssib.

 

Provoquer un débat sur la question d’égalité dans l’héritage doit être considéré comme un progrès palpable puisqu’il fait sortir un tabou majeur des tiroirs. Faire persister l’inégalité dans l’héritage aujourd’hui est un acte infâme et injuste à l’égard des femmes dans une société où elles sont aussi actives, responsables et indépendantes que les hommes. Il faut aussi admettre que l’inégalité dans l’héritage est une forme de violence économique à leur encontre.

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