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Taxe sur la presse digitale: les éditeurs dénoncent une mesure dangereuse

La Dépêche | 30 janvier 2018 à 11 h 40 min | Mis à jour 21 mars 2018

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Le Bureau exécutif de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ), réuni vendredi dernier à Casablanca, a exprimé son “inquiétude” vis-à-vis de la situation du secteur de la presse, écrite soit-elle ou électronique, ayant fait de sa crise croissante une question d’existence et une lutte de survie”.

 

Au lieu d’apporter son appui à la presse nationale et d’honorer ses engagements fixés dans le plan d’urgence, convenu avant la fin du mandat du précédent gouvernent, les autorités publiques, liées par un partenariat stratégique avec la FMEJ, ont mis en place une “mesure fiscale dangereuse, absurde et incompréhensible”, indique la Fédération dans un communiqué.

Les autorités publiques ont en effet procédé à l’élargissement à la presse électronique de la redevance audiovisuelle, payée pour publicité à la télévision, estimant que tous les téléphones, ordinateurs et autres sont également des écrans.

L’éditeur doit mensuellement payer 5% du total de ses revenus publicitaires à la Direction des impôts, avant même d’encaisser le produit de ses ventes, “ce qui porte un coup dur à la presse électronique et rend sa situation plus lamentable que son homologue écrite déjà endeuillée”, déplore la Fédération.

Pendant ce temps-là, les géants mondiaux comme “Google” et “Facebook”, ne sont pas taxés au Maroc, alors qu’il drainent l’essentiel des budgets publicitaires sur le Web. Sous d’autres cieux, comme en France, ils ont été contraints de contribuer à hauteur de plusieurs milliards d’euros aux fonds réservés au soutien de leur presse locale, indique la FMEJ, notant que les éditeurs de journaux marocains attendaient une augmentation notable de la subvention publique à la presse dans le cadre du contrat-programme, estimée à 65 millions de dirhams.

P​énalisation des fake-news​

Face à ce “danger menaçant” l’existence de la presse, un des piliers de la démocratie, les éditeurs “sont d’autant plus étonnés” du fait que le gouvernement continue d’initier des chantiers pour mettre en place davantage de “lois répressives relatives à la presse”, souligne la même source. Après avoir adopté un projet de loi en vertu duquel une partie de l’Article 72 du Code de la presse a été transférée au Code pénal sans la consultation des professionnels, ce qui constitue une première depuis des décennies, il a été procédé également à l’annonce du début de l’élaboration d’un autre projet de loi pénalisant les fake-news, sachant que l’Article 72 transféré au Code pénal traite déjà de cette question, fait savoir la Fédération.

Cette situation, poursuit le communiqué, ne donne pas d’indices de “volonté sincère” pour maintenir un “véritable partenariat” avec les autorités publiques comme convenu en 2005 dans le cadre du contrat-programme et menace des milliers de postes d’emploi dans le secteur en raison de la “confusion” dans la gestion du dossier des médias au Maroc.

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