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Saoudiennes, un vent de liberté…sous tutelle

La Dépêche | 9 mars 2018 à 15 h 49 min | Mis à jour 21 mars 2018

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Salués par la communauté internationale, les nouveaux droits accordés par le roi Salmane aux Saoudiennes ne les délivrent pas pour autant de leur statut de mineures à vie. Décryptage.

 

Mohamed ben Salmane persiste et signe. L’avenir du royaume wahhabite se fera avec les femmes ou ne se fera pas. Depuis sa nomination en juin dernier au titre de prince héritier et vice-premier ministre, le jeune monarque de 32 ans multiplie les réformes pour encourager la participation des femmes à la vie publique, avec un objectif de 30% de femmes dans la population active (contre 22% actuellement) d’ici 2030.

 

Dernière progression en date, l’ouverture de l’armée aux femmes. Les Saoudiennes diplômées de 25 à 35 ans pourront désormais postuler pour devenir militaires dans certaines provinces, dont Médine, Riyad et La Mecque. Quelques semaines auparavant, en janvier dernier, elles ont également été autorisées à entrer dans des stades de football et, à la mi-février, le permis leur a été accordé de créer leur propre entreprise sans avoir à demander le consentement d’un tuteur mâle. En outre, à partir du mois de juin prochain, les femmes seront autorisées à conduire en Arabie saoudite.

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La muttawa, la police religieuse chargée de faire respecter la ségrégation entre les sexes et la conformité des tenues des femmes aux bonnes mœurs, se fait elle aussi de plus en plus rare dans les lieux publics et les centres commerciaux.

 

En quelques mois, les Saoudiennes ont obtenu ce qu’elles réclamaient depuis des décennies. Des avancées aux allures de révolution de velours dans ce pays ultra-conservateur, où l’establishment religieux se veut le gardien d’un islam rigoriste qui confère à cette monarchie du Golfe une réputation de théocratie immuable. C’est que le choc de la dégringolade du prix de pétrole a fait comprendre à Ben Salmane- également président du Conseil des affaires économiques et du développement- la nécessite de réduire la dépendance du royaume vis-à-vis du pétrole par la diversification, l’ouverture et la modernisation de l’économie saoudienne.

 

Mais, pour les militants locaux des droits humains et des libertés individuelles, cette réforme « thatchérienne » comme aime à la qualifier le prince héritier, restera une « retouche cosmétique » tant que ne sera pas aboli le régime du tutorat masculin, qui confine les femmes dans un statut de mineures à vie. En effet, les Saoudiennes, qui ne disposent pas d’âge de majorité légale défini, ne peuvent poursuivre leurs études supérieures, se marier, voyager à l’étranger ou renouveler leur passeport sans l’accord d’un tuteur mâle (wali al-amr), généralement le père puis l’époux. Un système coutumier misogyne et anachronique qui les soumet à tous les caprices et abus de la part des hommes de leur famille. Le prince Mohamed ben Salmane osera-t-il démanteler cet ultime bastion ? Une affaire à suivre…

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