Salauds de vegans, auriez-vous donc raison?

La Dépêche | 1 septembre 2017 à 17 h 28 min | Mis à jour 1 septembre 2017

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Salauds de vegans, auriez-vous donc raison?
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Pour être franc, le discours sur la souffrance animale et l'impact environnemental de la consommation de viande commence à sérieusement m'atteindre.

 

Quand j'étais gamin, j'adorais l'Aïd. La pitié pour la bête était étouffée par la nécessité du sacrifice, le sentiment que quelque chose de sacré s'accomplissait, et qu'il était nécessaire qu'il en soit ainsi.

 

Ce sentiment s'exacerbe avec l'adolescence, où la volonté de virilité se manifeste aussi par le refus de ressentir la peur et la pitié. Les bravades des jeunes garçons les font encore plus durs, parfois cruels. Cette espèce d'insensibilité bravache n'est-elle pas un signe de rojola?

 

 

Donc maintenant que je suis tout à fait adulte, cette pitié me revient. Quand le premier mouton flippe et essaye de s'échapper, l'adolescent ricane mais j'ai un pincement au coeur.

 

Je vous en veux, vous les végétariens-vegans, car vous avez amplifié ce sentiment, en ajoutant à l'éthique un argument politico-économique: si tout le monde mangeait de la viande comme moi, il faudrait plusieurs planètes. C'est déjà le cas. Si Miami et le Bangladesh vont disparaitre de la carte avant 2100, c'est aussi à cause de l'élevage industriel, la déforestation qu'il nécessite, l'usage en eau et les émissions de CO2 qu'il occasionne.

 

Je me demande si vous n'êtes pas, steak après steak, en train de me gagner à votre cause. Parfois, je ne déjeune plus que d'une salade. Quelle misère. Moi, grand mangeur de viande devant l'éternel, grand maître de l'ordre de la kefta, Actionnaire du Dopalé et boulfafiste engagé.

 

Salauds de vegans, auriez-vous donc raison?

 

Aïd moubarak saïd quand même.

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