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What the fact: Rien ne va plus entre Rabat et Alger

La Dépêche | 23 octobre 2017 à 18 h 42 min | Mis à jour 26 octobre 2017

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What the fact: Rien ne va plus entre Rabat et Alger
Le ministre Messahel

Le Maroc a annoncé samedi avoir décidé de rappeler son ambassadeur à Alger pour consultation, en réaction à des déclarations du ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, accusant des entreprises marocaines de "blanchir l'argent du haschich" en Afrique. On refait le film.

 

Intervenant vendredi 20 octobre à Alger lors de l'université d'été du Forum des chefs d'entreprise, M. Messahel a évoqué la montée en puissance des investissements marocains sur le continent ces dernières années, et la rivalité entre voisins maghrébins dans ce domaine.

"Les banques marocaines, c'est le blanchiment de l'argent du haschisch, ça tout le monde le sait. C'est des chefs d'Etat africains qui me le disent", a affirmé le ministre, selon des extraits de l'intervention largement partagés sur les réseaux sociaux.

"Si c'est ça les banques, je ne sais pas, personne ne nous impressionne. La Royal Air Maroc (la compagnie publique marocaine, ndlr) transporte autre chose que des passagers, et cela tout le monde le sait. On n'est pas le Maroc", a-t-il renchéri.

 

Pour Rabat, ces propos sont "d'un niveau d'irresponsabilité sans précédent dans l'histoire des relations bilatérales" et "témoignent d'une ignorance aussi profonde qu'inexcusable des normes élémentaires du fonctionnement du système bancaire et de l'aviation civile".

"Ces déclarations sans fondement ne sauraient porter atteinte à la crédibilité ni au succès de la coopération (...) avec les pays africains", a encore souligné Rabat, avant de cibler à son tour Alger.

"Ces allégations mensongères ne peuvent justifier les échecs ou cacher les véritables problèmes économiques, politiques et sociaux de ce pays", a ainsi fustigé le ministère marocain.

 

Dans un communiqué diffusé samedi soir, la Royal Air Maroc, au coeur de la stratégie diplomatique africaine du royaume, s'est dite "scandalisée par les allégations calomnieuses" du chef de la diplomatie algérienne, se targuant d'être une "compagnie internationalement reconnue".

Les banques marocaines ont elles aussi réagi aux "allégations graves et mensongères" de M. Messahel.

Dans un communiqué, le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBN) a affirmé que le "secteur bancaire marocain est cité comme référence dans la région MENA et en Afrique par sa solidité, ses performances et son respect des règles prudentielles les plus avancées".

 

Dans un registre un peu plus trash, lundi, le Journal télévisé de la chaîne publique Laayoune TV a diffusé un sujet dans lequel, elle critique la sortie du ministre algérien, qu'elle qualifie… d'homosexuel.

Les frontières algéro-marocaines, fermées depuis 1994, ne risquent pas d'être rouvertes de sitôt...

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