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Requiem pour Dolmy

La Dépêche | 2 août 2017 à 7 h 53 min | Mis à jour 2 août 2017

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Requiem pour Dolmy
© Sami Ameur

Des gestes techniques, Abdelmajid Dolmy en maitrisait un paquet, le Casablancais avait un rapport intime avec le ballon. Il avait tellement de foot dans les pieds qu’il pouvait évoluer à tous les postes. On l’a vu en défenseur central, milieu défensif, relayeur ou numéro dix, on l’a vu sur un côté, en arrière latéral, à peu près partout sauf sur le banc de touche, en fait.

 

Ajoutez y une condition physique exceptionnelle et vous obtiendrez une production abondante de gestes techniques de haute volée. Lequel retenir? Le petit pont, par exemple, dont il était un grand spécialiste. Bizarrement, il ne voyait dans ce geste qu’une simple option pour se défaire d’un marquage, "une solution comme un autre" pour passer un adversaire imprudent, alors que les tribunes célébraient l’humiliation.

 

On pourrait parler de ses passes lobées, le plus souvent effectuées dans le cœur du jeu pour toucher directement les attaquants. Regardez par exemple celle qui envoie Aziz Bouderbala vers le but, en 1985 contre la Libye en éliminatoires de la Coupe du monde.

On peut parler de sa qualité de relance ou, si on passe au niveau défensif, de cette façon particulière qu’il avait de récupérer le ballon dans les pieds adverses, en surgissant de nulle part au moment crucial. On peut aussi pour terminer évoquer un geste technique qu’il refusait de réaliser, la faute utile. Cette façon de casser le jeu en stoppant une action par un geste interdit, avec en général un jaune à la clé.

 

Les plus cyniques parlent de faute intelligente, c’est presque une obligation au poste de numéro six où il évoluait. Non merci, ce n’est pas le genre de la maison… Ce n’est pas comme ça qu’il concevait le jeu.

 

Dolmy, c’était tout cela et bien plus encore, et seul l’intitulé de cette chronique nous contraint de nous limiter au domaine technique. Sur le plan humain, c’était tout aussi exceptionnel. Il nous a quitté jeudi dernier alors que personne ne s’y attendait, et il nous manque déjà…

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