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Des rassemblements pour le "martyr Laâtabi"

La Dépêche | 9 août 2017 à 14 h 29 min | Mis à jour 9 août 2017

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Des rassemblements pour le
© Sami Ameur

Les réactions se sont succédées après l’annonce de la mort de Imad Laâtabi, blessé à la tête lors des affrontements entre police et manifestants à Al Hoceima le jeudi 20 juillet.

 

Des marches pour le “martyr”

Le Rif a connu une après-midi mouvementée mardi 8 aout, après l’annonce de la mort de Imad Laâtabi. Des rassemblements ont eu lieu à Al Hoceima, Imzouren et Tmasint, demandant “justice pour l’âme du défunt”.

En plus des manifestations dans le Rif, des sit-in “silencieux” ont eu lieu dans les capitales administrative et économique du Maroc. En hommage à cet homme de 25 ans, quelques centaines de personnes se sont réunies devant le parlement à Rabat et place Maréchal à Casablanca, portant des bougies et des photos de Imad Laâtabi, le “martyr du Hirak”. Ces sit-in ont été appelés plus tôt dans la journée via Facebook par le "comité de soutien aux détenus du Hirak", et par la page "le Hirak populaire à Rabat", qui compte plus de 2000 fans.

L’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH) a également lancé ce mercredi 9 août un appel à un autre rassemblement à Rabat en mémoire de Imad Laâtabi.

L’Etat accusé

Entre ceux qui accusent l’Etat d’être le seul responsable de la mort du jeune Rifain, et ceux pour qui Imad Laâtabi n’aurait pas dû participer à la marche interdite du 20 juillet à Al Hoceima, la responsabilité du décès fait débat. Pour l’AMDH, c’est le ministère de l’intérieur qui en est responsable. 


A son tour, Elmortada Iamrachen, une des figures du Hirak, pointe du doigt la responsabilité de l’Etat en rappelant que c’est Mustapha El Khalfi, porte parole du gouvernement, qui avait déclaré avant la marche que le gouvernement va assumer ses responsabilités dans l’interdiction de la marche du 20 juillet.

Nouvelle enquête

Le parquet d’Al Hoceima, qui a annoncé la mort de Imad Laâtabi, a tenu à rappeler qu’une enquête avait été ouverte au lendemain de sa blessure, et qu’elle “sera poussée au plus loin possible”.

Depuis le début du Hirak, plusieurs enquêtes ont été ouvertes. À commencer par celle sur la mort de Mohcin Fikri, le poissonnier broyé par une benne à ordures le 29 octobre 2016, qui a été à l’origine du déclenchement des contestations dans le Rif. Les résultats de cette enquête ont été remis en cause par les avocats de la famille Fikri qui se disaient "insatisfaits" de son déroulement et du procès qui s’en est suivi. Puis, une autre enquête avait été ouverte suite à la diffusion d’une vidéo de Nasser Zefzafi à moitié nu, au siège de la BNPJ, et dont les conclusions sont jusqu'à maintenant méconnues du public.  

Ces annonces ne semblent plus suffire à calmer la colères des activistes du Hirak. Commentant l’ouverture d’une enquête sur la mort de Imad Laâtabi, Nawal Ben Aissa, figure féminine du Hirak, a écrit : "Ils vont bien sûr ouvrir une enquête, la pousser au plus loin possible, puis, ils vont se retourner vers nous et attendre qu’on leur livre une nouvelle victime".

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