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Le quotidien infernal d’une SDF à Casablanca

La Dépêche | 4 octobre 2017 à 9 h 47 min | Mis à jour 4 octobre 2017

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Le quotidien infernal d’une SDF à Casablanca
Dounia, une SDF de 23 ans avec sa fille de 24 jours.

Isolées du reste de leur famille, les femmes SDF sont particulièrement vulnérables à la violence de la rue. Un quotidien infernal que beaucoup endurent avec leurs enfants à l'instar de Dounia 23 ans et de sa fille de 25 jours. 

 

À l'occasion de la journée mondiale de l’habitat, le Haut-commissariat au Plan (HCP) a publié, le lundi 2 octobre, une série de données concernant les sans-abris dans le royaume. Il en ressort que plus de 7.000 individus sont actuellement dans la rue, principalement dans les villes de l’axe Tanger-El Jadida et dans l’agglomération de Casablanca.

 

Derrière ces chiffres: des violences quotidiennes auxquelles les femmes sont particulièrement sujettes. Si elles ne représentent que 13,3% de la part totale des SDF, leur isolement en fait une cible de choix pour les agresseurs. Un phénomène que Dounia, une SDF de 23 ans vivant avec sa fille de 25 jours, endure quotidiennement dans les rues de Casablanca.

 

J’ai beaucoup de difficultés pour subvenir à mes besoins et à ceux de ma fille. Beaucoup essaient de m’agresser pour voler mon argent. Ils savent que je suis une fille seule, faible, et sans-abri. Je subis l’injustice au quotidien.

Dounia, 23 ans.

 

Bien souvent, ce phénomène est le résultat de l’abandon des femmes par leur famille. Dans le cas de Dounia, la jeune fille s’est retrouvée à la rue après une grossesse imprévue. Elle qui confie être en conflit avec sa famille n’a pas reçu le soutien du père de son enfant, ni de ses proches.

 

J’étais au collège lorsque j’ai rencontré le père de ma fille.  À l’époque, il me promettait le mariage … Mais une fois qu’il a su que j’étais enceinte il m’a laissé tomber et  a nié toute relation avec moi.

Selon les chiffres du HCP, 5,6% des SDF sont des enfants de moins de 15 ans, et 6,7% sont âgés de 15 à 19 ans. Une réalité que Dounia souhaite éviter à sa fille : “Je ne veux plus vivre dans la rue. J’aimerais avoir ma propre maison, travailler, bien éduquer ma fille pour lui donner un meilleur environnement que le mien”, déplore-t-elle avant de conclure : “Je ne veux pas que ma fille grandisse dans les mêmes problèmes que j’endure”.

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