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Comment le patronat a ruiné l’agenda d’El Othmani

La Dépêche | 12 avril 2018 à 20 h 39 min | Mis à jour 12 avril 2018

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Censé être adopté début avril par le parlement, le projet de loi sur la formation professionnelle des salariés devra attendre. Les dessous d’un veto patronal.  

 

Drôle de paradoxe. On attendait de la CGEM qu’elle soit plus coopérative avec le gouvernement El Othmani, lui qui a introduit dans la loi de finances 2018 l’impôt sur la société (IS) progressif, une mesure que le patronat appelait de ses vœux de longue date. Et puis, le chef du PJD avait bien honoré la patronne de la CGEM Miriem Bensalah en la recevant le lendemain de sa nomination à la primature en avril 2017, rencontre durant laquelle il avait promis à la Berkanaise des « mesures plus encourageantes qui répondent à (ses) revendications« .

 

Ce n’est pourtant pas tout à fait la ligne que semble tenir l’organisation patronale. Face à l’exécutif, le groupe de la CGEM à la Chambre des Conseillers vient de s’essayer à un nouveau genre: le brouillage de l’agenda législatif du Chef du gouvernement.

 

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Durant la réunion extraordinaire prévue pour l’adoption de cinq projets de loi, ledit groupe, via son président Abdelilah Hafidi, a réussi à faire ajourner l’examen du projet de loi sur la formation professionnelle devant la Commission de l’enseignement et des affaires culturelles et sociales à la Chambre des conseillers. Et ce contre la volonté  d’El Othmani qui, lui, souhaitait en finir avec ces cinq textes durant cette session. Le Chef du gouvernement avait pourtant convoqué une session parlementaire extraordinaire uniquement pour accélérer le vote des cinq textes de loi.

 

Une loi qui dérange

Les entreprises sont en effet directement concernées par le projet de loi sur la formation continue des salariés. Elles contribuent à hauteur de 1,6% du volume des salaires au financement de la formation continue à travers les cotisations à la CNSS, qui injecte ensuite 2,5 milliards de dirhams chaque année dans les caisses de l’OFPPT.

 

 

Pour le patronat, les conditions pour que les PME bénéficient de la formation continue sont compliquées. Abdelilah Hafidi, président du groupe de la CGEM à la deuxième Chambre, a rappelé qu’un projet de loi sur la formation continue avait fait l’objet d’une entente entre le patronat et le gouvernement Benkirane, avant d’être « enterré plus tard ». « Le projet actuel attribué à l’OFPPT lui confère seul la gestion de la formation continue. Nous proposons que cette plateforme soit attribuée à un membre du gouvernement ou à une agence dirigée par l’exécutif« , explique Abdelilah Hafidi.

 

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Autre point de discorde entre les patrons et le gouvernement: l’inclusion des professionnels indépendants (artisans par exemple). A en croire Hafidi, les entreprises ne s’opposent pas à la formation des indépendants, à condition « qu’un budget spécifique soit prévu à cet effet, en dehors des fonds constitués par les contributions des entreprises ». Pas question donc de former les indépendants aux frais des entreprises, au risque, selon l’ancien “cabinard” de Driss Basri, d’un « boycott par les entreprises de cette cotisation ».

 

Un blocage que le gouvernement El Othmani devra dénouer le plus tôt possible, car il s’agit d’un projet voulu et financé par le programme américain Millenium Challenge Corporation ainsi que par l’Union Européenne.

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