Le mystère de la détérioration de la viande de l'Aïd résolu

La Dépêche | 4 septembre 2017 à 18 h 48 min | Mis à jour 5 septembre 2017

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Le mystère de la détérioration de la viande de l'Aïd résolu
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De nombreux Marocains se sont plaints de la couleur verdâtre de la viande de leur mouton après l'Aïd. Joint par La Dépêche, Abdelghni Azzi, chef de la division de sécurité sanitaire des produits et sous-produits d’animaux et d’aliments pour animaux à l’ONSSA, livre ses explications.

Sur les réseaux sociaux, des photos de viandes de couleur verdâtre ont circulé au lendemain de l'Aid. A quoi cela est-ce dû selon vous, une bactérie, un problème de conservation?

Les raisons de ce phénomène sont principalement dûes aux conditions hygiéniques. La viande, comme le lait, est très sensible aux bactéries et peut facilement se détériorer. Il faut faire très attention lors de l’abattage et l’éviscération. La moindre erreur dans ces opérations peut conduire à la détérioration de la viande, d’autant plus qu’on est en période d’été et que la chaleur est forte, ce qui offre un terrain favorable pour les bactéries.

La couleur verdâtre est celle que prend le sang quand la viande est mal conservée. Les allégations véhiculées par les médias sont fausses, ou du moins non confirmées puisqu’on n’a enregistré aucun cas de mauvaise alimentation des moutons. Près de 5 millions de bêtes ont été abattues pour l’Aid, et si on a une centaine de cas de détérioration, il n’y a pas de quoi s’alarmer.

 

Pourtant, les années précédentes, cela ne s'est pas produit...

Je pense que c’est seulement dû à la propagation de ces images sur les réseaux sociaux. Tout le monde prend en photo son mouton aujourd’hui, c’est un peu normal que les gens disent parfois des bêtises. Nous avions 300 vétérinaires déployés dans tous les services de l’ONSSA dans tout le Maroc le jour de l'Aïd, et on n’a reçu aucune plainte de ce genre. C’est plus un buzz qu’autre chose. Nous menons néanmoins des enquêtes au sujet de ces cas de détérioration de viande, nous avons mis nos laboratoires à contribution, pour ensuite communiquer au public les résultats.

 

Quel conseil donneriez-vous aux consommateurs?

Il faut être très vigilant dans l’opération de l’abattage. C’est très difficile de le faire dans les normes et même les pro peuvent se tromper. Les citoyens doivent savoir que la viande est sensible, et que son traitement ne doit pas être pris à la légère. Par exemple, une des erreurs les plus répandues est de laisser temps d’écart entre l’égorgement et l’éviscération de la bête, ce qui est extrêmement dangereux. Une fois abattu, le mouton doit être éviscéré le plus tôt possible pour empêcher les bactéries de pénétrer son corps. Ensuite, il faut le laisser bien sécher dans un endroit frais, avant de le découper et de le mettre directement après dans un frigo.

Pourquoi l'ONSSA n'a pas communiqué sur le sujet ?

Un communiqué sera publié ce soir ou demain matin au plus-tard.

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