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Mon ramadan d’étudiant

La Dépêche | 15 mai 2017 à 14 h 41 min | Mis à jour 7 juin 2017

Par

Mon ramadan d’étudiant
© Sami Ameur

 

Ils nous racontent leur ramadan…Youness, 26 ans, est étudiant en Sciences politiques à la faculté de Droit de Rabat. L’an dernier il a passé ses examens en plein ramadan et cette année doit rendre son mémoire de fin d’études.

 

“Chaque année, la direction pédagogique programme les examens en plein ramadan, alors que le bon sens voudrait qu’ils soient organisés soit avant, soit après. L’année dernière, l’éducation nationale avait accepté d’avancer la date des examens du bac, pour qu’ils ne coïncident pas avec le ramadan. C’est une excellente idée ! Mais cette année, pour je ne sais quelle raison, on est revenu aux bonnes vieilles habitudes : le baccalauréat est programmé du 11 au 14 juin alors que le Ramadan aura commencé.

 

Elèves et professeurs KO

J’ai jeûné durant toute la période de préparations et la semaine de mes partiels. C’était très difficile, surtout au début du mois. Les révisions, c’est une période éprouvante.  Mais le jour de l’examen, c’est encore pire! Pour une dissertation, il faut rester concentré pendant 3 ou 4 heures, rédiger, structurer. C’est inhumain, surtout qu’on nous fait passer les exams l’après-midi, ce qui est à mon avis plus compliqué car on n’a plus d’énergie. Du coup, à la fin de l’examen, on ressort lessivé. Le pire, c’est que même les profs qui nous surveillent n’en peuvent plus. Après, certains élèves en profitent pour regarder les copies de leurs voisins, c’est le bon côté des choses (rires).

 

Comment je m’organise? Je reprends généralement mes fiches durant la dernière semaine de préparation, parfois même la veille. Je ne vous cache pas que j’ai beaucoup de mal à me concentrer après le “ftour”. Je n’arrive pas à lutter contre le sommeil surtout après avoir passé la matinée et l’après-midi sur un sujet de droit ou de géopolitique super indigeste, enfin, façon de parler. Résultat, je suis tout le temps fatigué et je me plains sans cesse, auprès de mon entourage. Malheureusement, j’ai toujours droit au même discours: c’est une épreuve de Dieu pour voir si tu es capable de tenir (rire). Ceci dit, j’ai réussi à m’en sortir en révisant juste après le “suhûr”, c’est le meilleur moment  pour me concentrer et mémoriser mes fiches, et ça m’oblige à me lever tôt. Du coup, mes notes n’ont pas changé par rapport à l’année dernière, j’ai même eu de meilleurs résultats, vu que le “suhûr” m’oblige à me réveiller tôt pour réviser. C’est très efficace!

 

La foi à l’épreuve

Certains de mes camarades de classe choisissent de ne pas jeûner. Pour eux, il n’y a pas de mal à manger les jours d’examen et reporter le jeûne pour après, puisque c’est ponctuel. Pour d’autres, il est hors de question de rompre le jeûne, c’est une épreuve que chaque musulman doit passer sauf en cas de maladie ou de voyage. Personnellement, j’essaie de positiver, en me disant que c’est l’occasion pour moi de m’en remettre à Dieu quand je me sens stressé. D’autant plus que dans certaines épreuves, on a grandement besoin d’une intervention divine !

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