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Comment je me suis converti au christianisme

La Dépêche | 13 octobre 2017 à 18 h 57 min | Mis à jour 21 mars 2018

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Les voies du Seigneur sont impénétrables: issu d’une famille adepte de la zaouïa Boutchichiya, Rachid, la quarantaine, s’est converti au christianisme après une « révélation divine ». À la dépêche, ce pasteur vivant à Agadir se confesse.

 

« J’ai grandi dans une famille soufie, amazighe, établie à Agadir depuis plusieurs générations. Quand j’étais enfant, mon père m’obligeait à l’accompagner à la zaouïa Boutchichiya, suivre les rites de cette confrérie soufie. Mais je ne m’y retrouvais pas. Quelques années plus tard, je suis devenu plus indépendant, plus libre. J’ai alors signifié à ma famille que je ne voulais plus m’y rendre.

 

Au commencement étaient Nass El Ghiwane

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Dans le même temps, je suis devenu rebelle: j’écoutais des musiques tristes de Nass El Ghiwane, j’avais une grosse touffe de cheveux. J’étais un égaré, un éternel insatisfait, de ceux dont le sang monte vite à la tête. Et puis un jour, j’ai décidé de déserter Agadir, tenter une nouvelle aventure à Dakhla. À l’époque, j’étais un garçon perdu. Ma vie était vide et n’avait aucun sens. Je travaillais à Dakhla et menais une vie insignifiante, loin de toute religion. Un soir, j’ai entendu une voix intérieure, une voix qui m’appelait à me ressaisir. C’était un message de Dieu.

 

 

 

De retour à Agadir, je me suis marié et j’ai décidé de mener une vie stable. De nouveau, Dieu m’a parlé. Je me suis mis à faire des recherches sur le Seigneur, sur le Christ. Je voulais savoir comment et pourquoi j’étais revenu sur le droit chemin.

 

Je connaissais l’islam, j’ai beaucoup prié quand j’étais jeune, mais cela ne m’avait jamais aidé. Alors qu’au contraire, je me suis retrouvé dans le christianisme.

 

J’ai alors étudié la parole de Dieu, suivi des formations, au prix d’intenses et considérables efforts. C’était difficile, je n’avais que la radio pour écouter la parole de Dieu, à une époque où les cybercafés étaient encore rares à Agadir. C’était dans les années 1990.

 

LIRE: Mes galères de fan de métal dans un pays musulman

 

Diplômé de l’école du Christ

En surfant sur Internet, je suis entré en contact avec un site religieux qui m’a envoyé une bible. Je l’ai lue en entier, puis j’ai rencontré une personne qui m’a donné ses enseignements et fait découvrir les bases de la foi et du livre sacré. Je me suis converti à l’âge de 24 ans. Grâce à Dieu, j’ai étudié sa parole et reçu des diplômes.

Les premières années ont été difficiles. Nous pratiquions notre religion dans la plus grande discrétion.

 

À l’instar des athées marocains, nous faisions semblant de croire et de célébrer les fêtes musulmanes auprès de nos proches, qui sont tous musulmans. Nous étions obligés de nous faire discrets, de vivre certaines choses à contrecœur pour éviter de voir porter sur nous le regard de l’autre.

 

Mais aujourd’hui, la situation s’est améliorée. Il suffit parfois d’expliquer aux autres en quoi consiste notre engagement religieux pour changer les mentalités et l’image négative qu’ils ont sur nous. J’ai testé cela avec beaucoup de personnes qui avaient des préjugés sur nous. Elles ont changé d’avis.

 

 

 

Récemment, avec d’autres Marocains convertis au christianisme, issus de plusieurs villes du Maroc, nous avons créé une coordination et rencontré le secrétaire général du Conseil national des droits de l’homme.

 

Des Marocains dans les cimetières chrétiens

Nous lui avons fait état de nos revendications, qui sont de vivre librement notre foi, de pouvoir choisir des prénoms chrétiens pour nos enfants, de prier dans les églises, d’être inhumés dans des cimetières chrétiens et de nous marier selon notre religion et non chez le Adoul. Nous avons également fait parvenir au chef du gouvernement une lettre dans laquelle nous l’informons de cette rencontre et partageons avec lui nos revendications. Grâce à Dieu, nous vivons notre vie paisiblement, comme tout Marocain ».

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