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Liberté de la presse au Maroc: le rapport de la discorde

La Dépêche | 13 septembre 2017 à 18 h 00 min | Mis à jour 13 septembre 2017

Liberté de la presse au Maroc: le rapport de la discorde

L’Institut international pour l’action non violente (Novact) a présenté, mardi 12 septembre à Rabat, un rapport préoccupant sur "les médias en ligne et le journalisme citoyen au Maroc". Le ministère de la culture dénonce un “rapport inéquitable”.

 

Libre ou pas libre, la presse électronique ? Moins libre répond l’ONG Novact qui a présenté mardi son rapport "Les médias en ligne et le journalisme citoyen au Maroc" au siège de l’Association marocaine des droits de l’Homme. Elle évoque notamment  le cas de "plusieurs journalistes et blogueurs interrogés par les autorités", surtout depuis l’avènement du Hirak, mouvement contestataire rifain, qui a démarré en octobre 2016.

 

"Les lignes rouges s’étendent"

Dans son rapport, l’organisation catalane regrette que "les lignes rouges se soient étendues à la politique sécuritaire du pays", en plus de "la monarchie, la religion et l’intégrité territoriale".

 

 

Novact affirme également que le code de la presse contient "des flous" permettant de poursuivre des journalistes pénalement. L’ONG, qui dit avoir interrogé plusieurs professionnels de la presse au Maroc, estime que "plusieurs journalistes rencontrent des difficultés à obtenir des informations des institutions étatiques, ce qui rend leur tâche plus dure".

 

"Un rapport inéquitable", selon le ministre de la Communication

Face à ce bilan peu reluisant, le ministre de la Culture et de la communication Mohamed Laârej se dit "étonné". Contacté par La Dépêche, il affirme que "ce rapport contient plusieurs erreurs et imprécisions".

 

Et si Novact conclut que les libertés dans la presse électronique sont de plus en plus restreintes au Maroc, le ministre de la Communication affirme tout l’inverse. "Je considère que la liberté d’expression est en net progrès dans notre pays."

 

"Nous avons un seul journaliste au Maroc qui a été poursuivi selon le code pénal, poursuit le ministre. C’est El Mehdaoui. Mais cela ne relève pas de mes fonctions de commenter cela. Il faut contacter le ministère de la Justice".

 

Mohamed Laârej regrette également que Novact n’ait pas contacté au préalable le ministère de la Communication pour "obtenir davantage d’informations". "Ce rapport n’est pas équitable. Lorsque l’on fait une étude sur un sujet, il faut avoir la version de toutes les parties prenantes. Sinon ça relève de la diffamation", nous dit celui qui compte publier un communiqué "dans les 48 heures".

 

Pour rappel, l’Institut international pour l’action non violente, dont le bureau régional se trouvait au Maroc, avait décidé de quitter le royaume pour la Tunisie. Dans un communiqué annonçant son départ en juin 2016, il accusait le gouvernement marocain d’exercer "des pressions" sur l’ONG afin qu’elle cesse son activité dans le pays.

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