fbpx
Publicité Publicité Publicité
Publicité
Publicité

L’exil forcé de la famille alaouite en 10 illustrations

La Dépêche | 4 octobre 2017 à 13 h 51 min | Mis à jour 21 mars 2018

Illustrations signées

Publicité

L’épisode est crucial. La destitution du Sultan Sidi Mohammed en 1953 marquera le début de la fin du protectorat français. Mais que s’est-il passé durant ces 2 années d’exil forcé? Retour en images.

  • La visite du Général Guillaume

 

©Sami Ameur

 

Au cœur de l’été 1953, les événements vont très vite s’enchaîner. À la veille de l’Aïd el Kebir, le 20 août, les blindés sont postés autour du palais royal de Rabat. Le résident général demande audience au Sultan Mohammed ben Youssef. Rien ne laisse présager une visite de courtoisie du général Guillaume. Les troubles se sont multipliés dans le royaume, le bras de fer est engagé entre nationalistes et administration française. Le Sultan refuse pourtant de désavouer le mouvement nationaliste de l’Istiqlal.

 

  • Destination inconnue

 

©Sami Ameur

 

Le Résident général, dépositaire de l’autorité de la France au Maroc, vient demander l’abdication du Sultan. En vain. Qu’à cela ne tienne. Le général Guillaume proclame sa destitution avec sommation de quitter le territoire. Départ Immédiat. Sidi Mohammed ben Youssef et la famille royale embarquent à bord d’un DC3. Destination inconnue.

 

 

  • Une île de Beauté pas si accueillante

 

©Sami Ameur

La famille royale atterrit, dans un premier temps, en Corse à l’aérodrome de Campo Del Oro à Ajaccio. L’heure n’est guère aux réjouissances malgré un dîner d’apparat offert par le préfet de la ville. Le Sultan n’est guère dupe, il se sait prisonnier. Il restera 5 mois principalement logé dans l’arrière pays corse, dans le petit village de Zonza, entouré de cimes escarpées comme autant de barrières entre le futur roi et son peuple.

 

  • À 8.000 km du Maroc

 

©Sami Ameur

 

Après ce départ forcé, le Maroc est en ébullition. La France craint désormais que la vague de contestations indépendantistes ne touche bientôt l’Algérie. Ce qu’elle fera dès 1954.  La ferveur pour ce Sultan exilé, entretenue par les nationalistes, se fait toujours plus grande. Pour les Français, l’île de Beauté devient soudainement trop proche des terres chérifiennes. La métropole acte le transfert de Sidi Mohammed ben Youssef à Madagascar, à quelque 8.000 km de Rabat. La famille royale atterrit, le 28 janvier 1954, à Antananarivo, la capitale.

 

  • L’hôtel des Thermes, voyage au centre de la terre?

 

©Sami Ameur

 

Ballottée. Une fois de plus, Antananarivo n’est qu’une escale. C’est dans la petite ville thermale d’Antsirabe, isolée dans le centre de l’île que la famille royale séjournera jusqu’à son retour au Maroc en 1955. Elle s’installe à l’hôtel des Thermes.

 

  • Sidi Mohammed, commandeur des croyants… malgaches

 

©Sami Ameur

 

Bon gré mal gré, la famille Alaouite s’habitue à sa nouvelle vie malgache. Outre l’humeur morose du Sultan les premiers temps de l’exil, l’ordinaire reprend le dessus. Le Sultan est apprécié des habitants notamment pour les prêches qu’il mène tous les vendredis à la petite mosquée d’Antsirabe, construite dans les années 1930.

 

  • La seule joie

 

©Sami Ameur

 

Quelques mois après leur arrivée sur le “Grande île”, la dernière fille du Sultan, Lalla Amina, naît le 14 avril 1954. “La seule joie de [son] exil”, dira-t-il.

 

  • La vie est (presque) un long fleuve tranquille

 

©Sami Ameur

 

«Le Sultan prend maintenant l’habitude de circuler en ville, non seulement pour se rendre à la mosquée, mais flâner dans les boutiques, s’asseoir à la terrasse de cafés, ses filles pêchent et se baignent dans le lac voisin», écrit François Salvaing dans le livre sur l’exil royal, “818 jours”.

 

  • Un homme sur la lune

 

©Sami Ameur

 

Quelques mois avant le retour du “Sultan prodigue”, les Marocains feront une expérience collective peu ordinaire. La légende dit qu’ils auraient aperçu le visage du futur roi Mohammed V sur une des faces de la lune, présage d’un retour imminent et d’une indépendance bientôt proclamée. Mythe? Réalité? Il s’avérera que les nationalistes, fins stratèges, ont compté sur la science pour un si magique exploit. Ils se seraient basés sur la persistance rétinienne en sommant les badauds d’observer le portrait du Sultan pendant quelques minutes avant de fixer la lune. Le tour était joué.

 

  • Retour en Majesté

 

©Sami Ameur

 

Après plus de 24 mois d’exil, Sidi Mohammed ben Youssef est accueilli sous les applaudissements d’une foule compacte, le 16 novembre 1955. Le 2 mars 1956, la France reconnaîtra l’indépendance du Maroc mettant fin à plus de 40 ans de protectorat. Le Sultan prendra alors le titre de roi. Il annoncera, à son tour, l’indépendance du pays, le 7 mars.