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Le sexisme à l’épreuve de la justice

La Dépêche | 5 mars 2018 à 16 h 03 min | Mis à jour 21 mars 2018

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L’année 2017 s’est achevée avec le vacarme du harcèlement sexuel et du viol. Des icônes du business, de la politique, du discours, une à une sont tombées ou risquent de tomber. Les femmes jusque là souffrant en silence ont déplacé les lieux et les modes de justification. Leur passivité vécue comme une norme a fait place à des revendications assumées, elles sont montées à l’assaut du sexisme sous toutes ses formes. La revanche des victimes contre les injures, la drague importune, le harcèlement et la violence sexuelle dans les lieux publics est le fait social majeur de cette nouvelle année 2018. Qui pourrait s’en offusquer ? Qui pourrait feindre de ne pas entendre ce cri de vérité ?

 

Longtemps confinée dans un corps qui ne lui appartient pas, qui est à vendre et dont la possession masculine semble la seule destination, la femme écrasée par un système qui l’infériorise socialement et économiquement et la maintient sous pression, aujourd’hui, lève la tête et dit non. Contre cette évidence aucun argument ne fait le poids et la société se doit de réagir collectivement. La difficulté n’est pas  de condamner ces actes inacceptables  mais, voulant en abaisser le seuil de tolérance, le risque est de  créer une dictature des victimes. Aucune loi ne peut définitivement éradiquer le sexisme mais certaines lois peuvent rendre la séduction suspecte. C’est la relation homme/femme qui est aujourd’hui interrogée, soumise à la réflexion de tous et de toutes, avec en toile de fond cette fascination de l’un pour l’autre.

 

La sensibilisation, l’éducation, la pensée collective à créer, seules permettront à chacun de faire la différence entre le compliment et l’agression sous la vigilance d’une justice de proximité plutôt qu’une justice d’opportunité. A moins d’encourager les mains gantées et les visages cagoulés, ce que d’aucuns appellent de tous leurs vœux  pour mieux assouvir leurs passions débridées, nous n’avons comme réponse pérenne à cet outrage que l’information et la modification de nos consciences.

 

La justice doit pouvoir s’exercer en s’appuyant aussi sur son devoir de contribuer à éduquer le citoyen. Elle doit pouvoir s’introduire dans les écoles, les collèges et les lycées, dans les universités, les entreprises,  pour instruire, alerter, faire comprendre que le corps doit être respecté, qu’il parle, qu’agressé, il tourmente, défait des familles et peut même se retourner contre lui-même dans un acte mortifère.

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