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Khadija, 17 ans, séquestrée, violée, battue

La Dépêche | 22 août 2018 à 18 h 54 min | Mis à jour 22 août 2018

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Tatouée à vie par ses tortionnaires. Marquée à jamais par deux mois d’horreur. Ce fait divers horrible, comme il s’en produit parfois au Maroc, porte un prénom : Khadija.

Agée de 17 ans seulement, cette jeune fille sort à peine de deux mois de séquestration où elle a vécu l’enfer, et ce, non loin de chez elle.

Originaire de Ouled Ayad, un village du Moyen Atlas, près de Beni Mellal, elle se trouvait chez sa tante, fin juin dernier, quand des inconnus ont fait irruption dans la maison et l’ont enlevée.

Le cauchemar débute alors pour l’adolescente. D’abord violée en réunion dans un terrain vague, elle est ensuite emmenée dans une maison, où ses tortionnaires s’acharnent sur elle, deux longs mois durant.

Rien ne lui est épargné : viols en série, torture – de nombreuses brûlures de cigarettes sont encore visibles sur sa peau -, séances de tatouages forcés sur les bras, la nuque, les mains … Ses tortionnaires font même entrer dans cette maison de l’horreur des inconnus qui les ont payés pour violer, encore et encore, la jeune fille. Très peu à boire, très peu à manger… On a peine à croire à autant de cruauté.

A maintes reprises, Khadija a tenté de s’échapper. En vain : ses tortionnaires la rattrapaient systématiquement, avant de lui faire subir de nouvelles violences.

Son père, d’après un journaliste de ChoufTV qui s’est rendu sur place, savait où elle se trouvait. Il avait demandé à ses tortionnaires de lui restituer sa fille en contrepartie du fait qu’il ne dirait rien aux autorités.

 

 

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Khadija a été libérée de cet horrible cauchemar dans des circonstances inconnues, mais ce que l’on sait, c’est qu’elle a, d’elle-même, tenu à se rendre auprès de la gendarmerie, pour déposer plainte et raconter son calvaire – contre l’avis de son père, contre la hchouma, ce mélange d’opprobre et de tabous qui enserre la société marocaine.

A l’heure actuelle, 9 de ses tortionnaires ont été arrêtés, alors que d’autres se sont enfuis.

Khadija a eu ce courage de dénoncer ses agresseurs : « je veux que justice soit faite et qu’ils payent pour ce qu’ils m’ont fait subir», a-t-elle courageusement déclaré face aux journalistes. Pour combien de femmes qui continuent, par peur de cette hchouma, à se taire ?

Quoi qu’il en soit, le nombre de viols déclarés aux autorités marocaines a doublé en 2017. Non que ceux-ci aient augmenté – cela reste peu probable -, mais sans doute parce que le poids des tabous commence à s’estomper.

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