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Jamais sans mon maquillage

La Dépêche | 29 juillet 2018 à 14 h 15 min | Mis à jour 29 juillet 2018

Propos recueillis par

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Le sourire d’une femme suffit à la maquiller, affirment les adeptes de la beauté 100% naturelle. Aya, casablancaise de 27 ans, n’adhère pas à cette idée. Fan absolue de make-up au quotidien, elle nous explique pourquoi elle se sent nue et vulnérable sans son rituel magique. Superficialité ? C’est vous qui le dîtes!

 

Je me maquille depuis le début de mon adolescence. J’ai commencé par appliquer discrètement sur ma bouche et mes joues un peu de “l3akar el fassi”, le fameux rouge à lèvres marocain, et du khôl à l’intérieur des yeux. Ces deux produits traditionnels sont vite devenus mes indispensables, tant j’avais l’impression qu’ils rehaussaient mon regard et me procuraient un teint de pêche au quotidien.

 

Une fois le bac en poche, dans l’école supérieure de commerce où j’ai choisi de poursuivre mes études, ma trousse de maquillage s’est considérablement agrandie, grâce aux conseils de mes copines plus âgées. Plus j’avance dans l’âge, plus je ressens le besoin de me maquiller, non pour paraître plus belle, mais pour affirmer ma féminité…

 

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Mon rituel incontournable

Moche sans maquillage? Cette affirmation est, à mon avis, juste absurde. J’ai l’impression que les gens qui disent ça sont très influencés par les vidéos de “top transformation” qui circulent sur les réseaux sociaux, celles filmées par des maquilleurs professionnels qui changent complètement les traits d’une femme avec leurs palettes et leurs pinceaux.

 

Il est vrai que je me maquille tous les jours, c’est quasiment vital pour moi. Seulement, je n’ai pas le sentiment que cela modifie radicalement la forme de mon visage et mes traits. Je ne comprends pas pourquoi certains me collent la réputation d’une fille fausse et superficielle, alors que tout ce que j’utilise le matin avant de quitter la maison, c’est un peu de fond de teint, d’anti-cernes, un léger contouring pour m’affiner le nez, du fard à joues, un mascara et un rouge à lèvres proche de ma carnation.

 

La superficialité, c’est une attitude et non une apparence, on ne peut pas préjuger du manque de naturel ou de profondeur d’une femme à son maquillage ou à sa tenue, c’est insensé !

 

Je me considère comme une fille vraie, entière et spontanée. Mais il m’est juste inconcevable de sortir la peau nue, ce serait aussi incivique que de sortir en pyjama. Le maquillage journalier pour moi, c’est un peu ce jean et ce tee-shirt passe-partout -mais propres et décents- qu’on enfile pour aller à l’épicerie ou pour chercher son enfant à l’école, par égard pour sa personne mais aussi par respect envers les autres.

 

Certaines filles tombent dans l’excès et dépensent des fortunes en faux ongles, faux cils, faux cheveux et même faux seins et fausses fesses (rires). Je ne suis pas dans ce délire, j’entretiens mon corps par le sport et une alimentation équilibrée. Tout en évitant le tabac et l’alcool, dont les dégâts à moyen et long terme sont difficiles à masquer même avec le meilleur des make-up.   

 

Quand je me réveille le matin, je me lave le visage à l’eau froide, je me brosse les dents et applique un petit masque avant de prendre mon petit-déjeuner. 20 minutes après, je me maquille avant d’enfiler ma tenue, choisie la veille, puis je rejoins mon boulot. J’ai besoin de deux heures tous les matins pour être présentable et me sentir au top de ma forme et de mon look. C’est le minimum syndical (rires). Lorsque je veux sortir le soir, c’est une autre histoire !

 

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C’est du propre !

Non, le maquillage n’est pas sale, contrairement à ce qu’aiment répéter certains. Comme tous les produits cosmétiques, il doit être choisi avec soin et goût, en fonction de son type de peau et de sa carnation. Ce n’est pas de la vulgaire peinture qu’on jette sur une façade défraîchie.

 

Il faut aussi bien se laver les mains et le visage et hydrater sa peau avant de se maquiller. Et ne pas hésiter à se débarrasser de ses produits cosmétiques lorsqu’ils changent de couleur, de texture ou de parfum. Quand on respecte ces règles de base, le résultat ne peut qu’être frais et beau.

 

Du côté de la gent masculine, les avis divergent. Certains hommes trouvent plus jolies et plus féminines les femmes maquillées, tandis que d’autres prennent un malin plaisir à moquer et dénigrer les filles qu’ils estiment addict au make-up. Mais, en réalité, la plupart sont incapables de distinguer si une fille est (mal) maquillée, si elle ne l’est pas du tout ou très discrètement.

 

Je vous donne un exemple, tiré de mon propre vécu: si je porte pour un rendez-vous galant un fond de teint “effet bonne mine”, un anti-cernes imperceptible et un léger mascara waterproof qui ne risque pas de couler, l’homme qui m’accompagne ne sera pas dérangé par mon maquillage. Souvent, il ne s’en rendra même pas compte, me trouvera rayonnante et naturelle.

 

En revanche, au même moment, il critiquera une femme en face de notre table, appliquant les produits de même qualité mais n’importe comment, car elle aura opté pour un fond de teint éloigné de sa carnation naturelle, un anti-cernes trop clair ou un mascara qui accentue ses cernes.

Les  hommes ont une vue d’ensemble, ils ne font pas attention aux détails. Ce qui importe à leurs yeux, c’est que la fille affiche une apparence saine et entretenue.

 

 

Se maquiller pour mieux affronter le monde  

Nous vivons dans une société où votre apparence impacte automatiquement la façon avec laquelle vous êtes traité dans le monde professionnel, c’est un fait !

Si je débarque tous les jours à partir de demain à mon travail avec le teint brouillé, la mine fatiguée, des cernes bien marquées, un gros bouton rouge au milieu de mon front et des cheveux gras ou en pétard, je suis sûre que le regard et l’estime que me porteront mes collègues changera. D’ailleurs, les rares fois où je n’ai pas eu le temps de me maquiller le matin, en arrivant au bureau, tout le monde me répétait la même question “Que t’arrive-t-il, tu es malade ?”. Je réponds toujours par l’affirmative (rires).

 

Avec le stress, la malbouffe et la pollution des grandes villes comme Casablanca, il est difficile pour une femme d’afficher un teint frais sans maquillage, sauf si elle n’est pas active et qu’elle passe son temps à appliquer des soins très coûteux.

 

Je suis mariée depuis cinq ans et maman d’une petite fille de 3 ans. Mon mari ne me fait aucune remarque désobligeante sur le temps passé dans la salle de bain le matin et s’est habitué à ce que je prenne davantage de temps pour me préparer lorsqu’on sort le soir. “Le maquillage, c’est comme pour tout, il n’en faut ni trop ni trop peu”, dit-il souvent. Lui-même est soigné et élégant, il n’apprécie pas les gens, femmes ou hommes, qui renvoient une image négligée d’eux-mêmes.

 

Je dépense en moyenne 1000 dirhams tous les mois pour mes produits de maquillage, une somme que j’estime très correcte. J’apprendrai à ma fille à se maquiller vers ses 16 ans, je préfère le faire que de la laisser apprendre tout et n’importe quoi sur internet, et finir par adopter un maquillage à mille lieues de nos spécificités ethniques et culturelles.

 

Si certaines Marocaines paraissent “fake” voire vulgaires, c’est parce qu’elles appliquent bêtement les tutoriels diffusés sur les réseaux sociaux, sans tenir compte de la couleur de leur peau, de leurs traits, de la nature particulière de leurs cheveux, mais surtout sans différencier entre un maquillage de tous les jours et un maquillage de soirée. Bref, le make-up, c’est tout un art !

 

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