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J’ai été la maîtresse d’un homme en couple sans le savoir

La Dépêche | 2 août 2017 à 17 h 21 min | Mis à jour 14 octobre 2017

Propos recueillis par

J’ai été la maîtresse d’un homme en couple sans le savoir
© Sami Ameur

Elles ne sont pas voleuses de maris ou briseuses de ménages. Embarquées à leur insu dans une aventure avec des hommes mariés ou en couple, trois femmes trompées nous racontent leurs histoires.

 

  • Karima, 33 ans, conceptrice rédactrice

“J’ai tout raconté à sa fiancée et elle ne l’a pas quitté”

J’ai connu Amine grâce à Tinder. Avant de nous rencontrer, nous avons passé toute une soirée à échanger des messages sur Whatsapp. Il m’a dit qu’il bossait beaucoup, vraiment beaucoup, qu’il ne faisait pratiquement que ça de ses journées. Et qu’il avait rompu six mois auparavant après deux ans de relation. Il m’a dit qu’elle lui a fait énormément de mal, qu’après tout ce temps passé à prendre en charge la fille de sa fiancée et à les faire voyager partout dans le monde, elle l’a trompé et a essayé de lui faire un enfant dans le dos.

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Quand je l’ai rencontré, il m’a parlé de ses origines modestes et de sa rage de réussir. Je l’ai vu comment un homme de valeurs et de principes, un accro au travail qui compense autant qu’il peut le temps qu’il passe éloigné des siens et un gentleman tout ce qu’il y a de plus tendre et respectueux.

Le courant est passé et il m’a tellement plu que j’ai décidé de ne fréquenter que lui, même s’il n’était à Marrakech qu’une semaine par mois et qu’il voyageait le reste du temps pour son travail. Il m’a donné ses dates pour les quatre prochains mois et je comptais lui réserver quelques jours de mon congé, prendre l’avion et le suivre où qu’il se trouve pour passer du temps avec lui.
Nous nous sommes revus un mois plus tard. Il m’avait promis de passer toutes ses soirées avec moi aussitôt qu’il terminait le travail, ce qu’il a fait le premier soir avant de devenir distant. Le lendemain, il a dit qu’il souffrait d’une intoxication alimentaire et qu’il ne pouvait pas sortir de l’hôtel.

Le surlendemain, il m’a envoyé un message pour me dire qu’il se sentait toujours malade. Il a repris l’avion sans me dire au revoir.

Deux jours plus tard, je lui ai envoyé un message pour prendre de ses nouvelles et lui demander s’il avait eu le temps de voir un médecin. Je n’ai pas eu de réponse pendant trois jours alors que mon message a été marqué comme “lu”. D’habitude, ça ne m’inquiète pas parce que j’incombais son indisponibilité à son rythme de travail. Mais ce jour-là, j’ai eu une intuition, j’étais convaincue qu’il cachait quelque chose. J’ai passé toute une nuit à chercher son nom sur les réseaux sociaux et j’ai fini par trouver un autre de ses comptes Facebook.

Il y avait une photo de lui heureux avec une femme datant de trois mois, alors qu’il m’avait dit qu’il avait rompu il y a plus de six mois. J’ai cherché le profil de la femme, je l’ai trouvé et j’ai vu qu’il figurait sur sa photo de profil. Tous les deux étaient heureux et visiblement en couple.

Je lui ai demandé des explications sur Whatsapp, mais il était trop tard dans la nuit pour qu’il réponde. Dans un élan de rage, je lui ai envoyé des insultes et j’ai contacté sa copine, pour lui dire qu’il la trompait avec moi. Quand il a lu mes messages, il m’a dit que j’étais folle, qu’il s’agissait bel et bien de son ex et qu’elle ne voulait pas le lâcher, avant de me bloquer sur son téléphone et son compte Facebook. Quant à elle, elle ne m’a pas répondu mais elle garde toujours la même photo sur son profil, j’en déduis qu’ils sont toujours ensemble.

  • Karima, 25 ans, chef de projet

“Il cachait son mariage derrière une fausse timidité”

C’était la soirée d’anniversaire de mes 23 ans, Hassan était venu avec un de mes amis. Il semblait timide et manquant de confiance en lui. !en bonne fêtarde extravertie, j’ai engagé la conversation avec lui. Il m’a dit qu’à 30 ans encore, il habitait chez ses parents, mais c’est parce que tout son argent servait à financer un projet personnel. Il m’a fait bonne impression, du coup, je lui ai proposé de boire un café quelques jours plus tard.
La rencontre a duré plusieurs heures, il s’est vraiment ouvert à moi. Il et m’a confié que ses parents ont toujours préféré son grand frère, le jeune premier qui réussit tout ce qu’il entreprend, et j’ai pensé que cela expliquait son manque de confiance en lui. Il m’a dit qu’il avait besoin de mettre de l’ordre dans sa vie avant de s’engager dans une relation, mais qu’il aimerait tout de même continuer à me voir. J’ai accepté.

Nous n’étions pas en couple, mais il se comporterait comme si c’était le cas. Il me disait constamment que j’étais belle, était présent à chaque fois que j’avais besoin de son aide et laissait ses affaires chez moi. J’ai fini par tomber amoureuse de lui et je le lui ai avoué. Il a préféré mettre fin à la relation.

Six mois plus tard, il m’a recontactée. J’ai décidé de le revoir parce que, après tout, il était de bonne compagnie. Un jour, je lui ai envoyé un sms pour déjeuner avec lui et j’ai reçu une réponse bizarre : “Qui es-tu et qu’est-ce que tu cherches ?”. Je l’ai appelé et c’est une voix féminine qui m’a répondue : celle de sa femme. Non seulement sa femme, mais aussi la mère de son garçon de 5 ans. Elle était sous le choc et moi aussi, elle ne savait pas quoi dire, elle bégayait. J’ai ressenti de la peine pour elle mais je n’ai pas voulu lui donner tous les détails. J’ai bloqué son numéro, et je n’ai plus jamais eu de nouvelles.

  • Sakina, 42 ans, contrôleur de gestion

“J’étais devenue sa deuxième femme”

Hakim était mon collège et nous étions attirés l’un par l’autre. Au début, je ne savais pas qu’il était marié et je tenais à garder mes distances pour des raisons professionnelles.
J’ai tenté de l’éviter pendant des mois, mais il ne voulait pas me lâcher. Il m’appelait et me suppliait de me voir en dehors du cadre du travail. Un jour, j’ai cédé et j’ai accepté de boire un café avec lui. Il m’a dit qu’il venait de divorcer après 11 ans de vie commune, qu’il était rongé de culpabilité d’avoir bousculé le quotidien de ses enfants, qu’il s’inquiétait pour leur avenir et qu’il voulait tout faire pour leur rendre leur bonheur. Après l’avoir écouté, j’ai commencé à ressentir de la tendresse pour lui et de fil en aiguille, notre attraction mutuelle s’est développée en relation amoureuse.

Je vivais encore chez mes parents, et comme je le voyais 8 heures par jour au bureau, je n’ai pas eu vraiment envie de voir à quoi ressemblait sa vie ailleurs. De plus, les collègues savaient qu’il avait des problèmes dans son couple. Il m’a dit qu’il partageait la garde des enfants avec son ex femme. Nous passions ensemble un week end par mois, ça me suffisait.

Puis un jour j’ai découvert que j’étais enceinte. Quand je lui ai annoncé la nouvelle, il s’est mis en colère, m’a dit qu’il ne pouvait pas être le père… Ses mots étaient blessants, je nous croyais amoureux l’un de l’autre, que notre relation était basée sur la confiance. Le lendemain je ne l’ai pas vu au bureau. Quand je me suis renseignée, on m’a dit qu’il venait de prendre 10 jours de congé prétextant une urgence familiale.
Quand il est revenu, il m’a invitée à déjeuner. Dans le restaurant, il était différent, anormalement distant et avait l’air tendu. Il m’a balancé la bombe avant même d’avoir commandé : il n’a jamais divorcé de sa femme. Il m’a appris qu’il l’avait mise au courant de notre relation, et qu’elle avait même accepté ce qu’il était sur le point de me proposer : de m’épouser pour sauver mon honneur et celui de l’enfant et de divorcer quelques mois après l’accouchement, à condition que je ne tente jamais de m’approcher de sa famille. Je ne croyais pas ce que je venais d’entendre. J’ai eu envie de le tuer. Je suis rentrée au bureau et c’était mon tour de prendre quelques jours de repos.

J’ai réfléchi et je me suis rendue compte que je n’avais pas d’autres choix que d’accepter. Nous avons annoncé la nouvelle aux collègues, mais nous avons précisé qu’il n’allait y avoir aucune célébration car nous préférions financer l’achat d’un appartement.

Cinq mois après l’accouchement, j’ai démissionné et j’ai postulé dans une autre boîte. Le poste était moins bien rémunéré mais c’était le prix à payer pour ne pas avoir à subir le regard des autres. Deux mois après mon embauche, nous avons engagé une procédure de divorce.
Cette histoire remonte à 10 ans maintenant. Je me suis remariée depuis, mais mon époux ne connaît pas tous les détails de l’histoire. Je ne pense pas qu’il m’aurait épousée s’il avait su que j’étais la maîtresse d’un homme marié. Et tout lui révéler maintenant reviendrait à risquer de priver mon garçon d’un beau-père aimant et présent. Je n’ai plus aucune nouvelle de son père biologique, et mon enfant ne demande pas après lui non plus. J’espère juste qu’il n’y a pas eu d’autres victimes après moi.

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