Gérer une entreprise à deux : une bonne idée ?

Gérer une entreprise à deux : une bonne idée ?

Se lancer à deux permet de partager les frais, les compétences et la charge de travail. C’est souvent une bonne idée, à condition de bien choisir son associé et de fixer les règles du jeu par écrit dès le départ. Voyons les avantages, les risques et les précautions à prendre.

Les avantages d’avoir un associé

Gérer une entreprise à deux peut être beaucoup plus simple que de le faire soi-même. En effet, il y a certaines choses qui peuvent être largement simplifiées et qui montrent qu’à plusieurs, on est souvent plus forts :

  • Partage de l’investissement : local, matériel, logiciels, formations… le budget de départ pèse moins lourd à deux, et certains projets deviennent possibles alors qu’ils ne l’auraient pas été seul.
  • Compétences complémentaires : l’un peut maîtriser la technique ou la production, l’autre la vente, la gestion ou la communication. S’associer avec quelqu’un qui possède un savoir qui vous manque est un vrai atout.
  • Soutien moral : l’entrepreneuriat comporte des hauts et des bas. À deux, on s’encourage et on tient plus facilement dans les périodes difficiles.
  • Partage des tâches : surtout au démarrage, la charge de travail est importante. Se répartir les missions permet d’avancer plus vite et de mieux se remplacer en cas d’absence.

Les risques à ne pas sous-estimer

S’associer peut aider la croissance de l’entreprise, mais tout n’est pas rose. Un mauvais choix d’associé peut provoquer une série de déboires, pour plusieurs raisons :

  • Le temps passé ensemble : vous allez travailler de longues heures côte à côte. Il faut bien connaître la personne et être sûr de pouvoir collaborer avec elle au quotidien.
  • L’argent : les désaccords sur les dépenses jugées nécessaires ou non, sur les rémunérations ou sur les investissements sont une source fréquente de conflits. Choisissez quelqu’un qui partage votre vision, accepte de faire des concessions et sait débattre en cas de litige. Beaucoup d’entreprises échouent parce que les associés n’ont pas réussi à s’entendre sur la façon de gérer les choses.
  • Le partage du pouvoir : chaque décision importante doit être discutée, ce qui peut ralentir l’entreprise si les rôles ne sont pas clairs.

Ce qu’il faut fixer avant de s’associer

Mettez par écrit, avant de signer quoi que ce soit, les points qui posent le plus de problèmes par la suite :

  • la répartition du capital et le montant de l’apport de chacun (argent, matériel, temps de travail) ;
  • le rôle et les responsabilités de chacun, ainsi que la manière de prendre les décisions importantes ;
  • la rémunération et le sort des bénéfices (réinvestis ou distribués) ;
  • les modalités de départ : rachat des parts, désaccord persistant, incapacité de travailler, arrêt de l’activité.

Ces règles sont généralement consignées dans les statuts de la société et, selon les cas, dans un pacte d’associés. La forme juridique choisie change les droits et les responsabilités de chacun : faites-vous conseiller par un juriste, un avocat ou un expert-comptable avant de vous engager.

Les erreurs fréquentes

  • S’associer avec un ami sans rien formaliser, par confiance.
  • Choisir un associé qui nous ressemble trop, avec les mêmes compétences et les mêmes lacunes.
  • Ne pas prévoir de moments réguliers pour faire le point sur les objectifs, les chiffres et les tensions éventuelles.

En résumé

S’associer est une très bonne idée si c’est la bonne personne. Les deux parties doivent s’entendre dès le début sur leurs objectifs, échanger régulièrement et formaliser leur accord. Ne vous précipitez pas : prenez le temps de peser le pour et le contre.