Des funérailles sous tension pour Imad Laâtabi

La Dépêche | 10 août 2017 à 12 h 06 min | Mis à jour 10 août 2017

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Des funérailles sous tension pour Imad Laâtabi
© Karim Boulidam/Facebook
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Dans l’après-midi du mercredi 9 août, les habitants d’Al Hoceima ont enterré Imad Laâtabi dans la douleur. Le jeune homme est décédé des suites d’une blessure à la tête lors des affrontements entre police et manifestants à Al Hoceima le 20 juillet.

 

Alors que sa famille souhaitait dans un premier temps préserver son corps à la morgue d’Al Hoceima en attendant les conclusions de l’autopsie, selon plusieurs sympathisants du Hirak, il a finalement dû être enterré mercredi.

 

"Son corps a été transféré dans un hélicoptère à l’aéroport d’Al Hoceima mercredi vers 16 heures 30. On a donné deux choix à la famille du défunt: soit on l’enterrait dans l’après-midi, soit son corps devait être rapatrié le jour-même à Rabat", indique à La Dépêche Abdessadak Elbouchattaoui, avocat connu pour son engagement envers les détenus du Hirak, présent à l’aéroport lors de l’arrivée du corps d’Imad Laâtabi.

 

Finalement, le cortège funéraire a pris son départ de l’aéroport vers la mosquée Akra Azouga à Al Hoceima, raconte la même source. Sur les vidéos partagées par plusieurs personnes présentes, on remarque la présence renforcée des forces de l’ordre. Ce qui devait être un cortège funéraire s’est vite transformé à ce qui ressemble à une manifestation.

 

 

Plusieurs centaines de personnes ont participé à ce cortège funéraire, certaines étaient munies de drapeaux amazighes, très présents lors des manifestations du Hirak. Le silence habituel de ce genre d’événements a laissé place à différents slogans scandés par les manifestants, jeunes pour la plupart.

 

"Nous sommes tous Laâtabi", "Laâtabi est le martyr de Dieu"… les slogans prononcés étaient parfois virulents et accusaient les autorités "d’être responsables" de la mort de Imad Laâtabi.

 

 

Imad Laâtabi a été finalement enterré en fin d’après-midi dans le cimetière jouxtant la mosquée Akra Azouga. Sa mort avait été annoncée en premier mardi 8 août par l’avocat Abdessadak Elbouchattaoui, avant d’être confirmée par les autorités. Il est décédé à l’hôpital militaire de Rabat où il a été admis le 20 juillet.

 

 

Blessé à la tête le 20 juillet lors des affrontements entre police et manifestants lors d’une manifestation interdite, Imad Laâtabi est resté dans le coma pendant une vingtaine de jours.

 

Quelques heures après l’annonce de sa mort, le parquet d’Al Hoceima a précisé qu’une enquête supervisée par la BNPJ est en cours sous la supervision du parquet. L’enquête "va être poussée le plus loin possible" et "ses résultats seront rendus publics", assurait la même source, mardi 8 août.

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