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Faculté de droit de Rabat: Les profs montent au front contre le doyen

La Dépêche | 4 juillet 2018 à 8 h 30 min | Mis à jour 5 juillet 2018

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Réputée comme l’un des fleurons de l’enseignement du droit et des sciences politiques au Maroc, la FSJES-Agdal est aujourd’hui au coeur d’un bras de fer acharné entre les professeurs et le doyen. Au détriment du bon fonctionnement de cette institution sexagénaire.

 

La tension bat son plein à la faculté de droit de Rabat-Agdal. Sur le banc des accusés: Lahbib Dekkak, professeur universitaire et ancien député de l’Union Constitutionnelle. En poste depuis 2013, l’ex-candidat au secrétariat général de son parti (battu par Mohamed Sajid) se trouve sous le feu des critiques. Aux multiples protestations étudiantes contre la « politique » du doyen de l’établissement, viennent s’ajouter aujourd’hui les reproches du corps professoral.

 

Dans une lettre acerbe adressée au ministre de l’Education nationale parvenue à La Dépêche, les enseignants déplorent « l’état lamentable auquel est arrivée la faculté » sous le mandat de Dekkak, qui assure le décanat par intérim en attendant la nomination d’un nouveau doyen, qui devait normalement avoir lieu en 2017.

 

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« La Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales de l’Agdal vit une situation catastrophique. Depuis sa création en 1957, jamais la faculté n’a été dans une situation pareille, frôlant l’implosion dans une atmosphère de morosité et de déception où professeurs, personnel et étudiants ressentent un délaissement après la prorogation du mandat (de Dekkak, ndlr)« , fustigent les professeurs dans leur lettre.

 

Un Conseil « fantôme »

Censé selon la loi « administrer » l’établissement et statuer « dans toutes ses missions ainsi que son bon fonctionnement », le Conseil de la FSJES-Agdal semble être devenu une coquille vide. Les signataires de la lettre, dont des membres des Conseils de la faculté et de l’université, assurent que les sessions de cette assemblée « ne servent désormais qu’à la prise de décisions disciplinaires contre les étudiants fraudeurs aux examens« , alors qu’elles sont prévues avant tout pour l’adoption des mesures d’administration de la faculté que le doyen est chargé par la suite de mettre en oeuvre. Les professeurs indiquent aussi que le Conseil n’a pas été associé à l’adoption du budget de la faculté durant les cinq dernières, et qu’il « n’est pas tenu au courant sur la manière dont celui-ci est exécuté« , notant « la floraison » d’institutions étrangères à la faculté à l’instar de l’Union des universités méditerranéennes, fondée au siège de la faculté puis « abandonnée » en son sein.

 

Chantiers ouverts, toilettes fermées

Connue pour son style architectural authentique, la faculté inaugurée par feu Mohammed V perd visiblement de son attraction esthétique en raison des nombreux chantiers initiés par l’administration actuelle. Des constructions « inutiles » d’après la lettre des professeurs, qui ont transformé l’édifice sexagénaire en un « grand chantier à ciel ouvert« .

 

LIRE: Éducation: L’État marocain nous mène-t-il droit dans le mur?

 

En dépit de la multiplication des chantiers, la faculté enregistre un manque criant au niveau des services communs les plus basiques comme les toilettes, dépourvues des conditions d’hygiène minimales, comme le note la lettre. Même les tentatives de réparation d’une partie des W.C se sont avérées vaines après les éruptions d’eau l’hiver dernier, dans une zone n’étant vraisemblablement pas liée au réseau d’assainissement. Résultat: les toilettes ont été fermées et le projet de réparation abandonné, indiquent les professeurs.

 

Clinique de droit et mort clinique

Accusé par ses détracteurs de négligence manifeste dans l’entretien de l’établissement, le doyen est également montré du doigt pour son favoritisme présumé en faveur d’autres projets dont la « Clinique du Droit », à laquelle l’ancien député réserverait un traitement particulier, l’équipant notamment ‘“d’excellent matériel » tandis que les professeurs  se contenteraient de « chaises et de bureaux datant des années 1970« , s’énervent les concernés dans leur lettre.

Inaugurée en avril 2015 en présence de l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur Lahcen Daoudi, la Clinique du Droit se voulait « une initiative pédagogique visant à faciliter l’accès des citoyens aux conseils juridiques« . Aujourd’hui, soit trois ans après sa mise en place, elle se trouve au centre des critiques du corps professoral qui y voit « une créature étrange » bénéficiant de moyens considérables tandis que les départements, les laboratoires et le centre doctoral de la faculté sont en difficulté.

 

En somme, plus rien ne semble tourner rond dans la faculté qui a compté le roi Mohammed VI et le prince Moulay Rachid parmi ses étudiants. Les professeurs font appel à l’intervention du ministre, au risque d’une « mort clinique » de l’établissement, et avertissent d’une escalade inéluctable « si une solution n’est pas trouvée« . Affaire à suivre…

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