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Egypte: Une Libanaise dénonce le harcèlement , elle écope de 8 ans de prison

La Dépêche | 11 juillet 2018 à 19 h 26 min | Mis à jour 11 juillet 2018

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Onde de choc au pays du Cèdre. Mona Al Mazbouh, touriste libanaise, a écopé de 11 ans de réclusion ferme, avant que cette peine ne soit réduite à 8 ans.

 

La jeune femme a été arrêtée fin mai à l’aéroport du Caire alors qu’elle s’apprêtait à rentrer à Beyrouth. En cause?  Une vidéo publiée sur son compte facebook où elle dénonce le harcèlement sexuel dans les rues égyptiennes, et le manque de professionnalisme d’un chauffeur Uber et d’un serveur dans un café à Zamalek, qui aurait refusé de la servir avant l’adhan à Ramadan dernier.

 

Particulièrement virulent, l’enregistrement a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant l’ire des internautes égyptiens, qui ont répliqué par plusieurs vidéos défendant fièrement “Oum Eddounia” et  attaquant la culture et les moeurs libanaises.

 

 

 

Mona Al Mazbouh, visiblement très en colère dans la vidéo en question, use à l’envi d’injures en dialecte égyptien et libanais pour décrire ses mésaventures dans la capitale du pays des pharaons, classant notamment le peuple égyptien “parmi les créations les plus méprisables de Dieu”. “Depuis quatre ans que je viens en Egypte, je ne peux que constater que le pays va de mal en pis”.

 

 

LIRE: Egypte, elle se retrouve en prison pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel

 

 

Renvoyée devant le tribunal des délits par le procureur Nabil Ahmed Sadiq après une garde à vue qui a duré quatre jours, la ressortissante libanaise a ainsi été condamnée pour “indécence morale”, “mépris des religions” et “diffamation  à l’encontre du peuple égyptien”.

 

Choquée de voir sa vidéo circuler massivement sur les réseaux sociaux alors qu’elle l’avait publiée en communauté restreinte sur sa page Facebook, la jeune femme a tenté de s’excuser à travers un nouvel enregistrement publié quelques jours seulement avant son arrestation. Après avoir traité les Egyptiennes de “danseuses du ventre et de prostituées” et les Egyptiens de “proxénètes”, Mona Al Mazbouh a assuré qu’elle ne visait qu’une catégorie précise et qu’elle n’avait aucunement l’intention “d’offenser tout un peuple”.

 

 

Les parents de la jeune femme se battent aujourd’hui pour faire libérer leur fille. Ali Al Mazbouh, père de Mona, a déclaré dans l’émission “Al Achira Massae” diffusée sur la chaîne égyptienne Dream TV, que sa fille souffrait de troubles d’ordre psychique. “ Je n’arrive pas à regarder la vidéo publiée par ma fille, mais je sais que cette réaction est dûe à une opération qu’a subie Mona à l’âge de 12 ans et qui a eu de graves répercussions sur sa stabilité psychique”. Ali El Mazbouh a également confié avoir présenté les documents médicaux prouvant les troubles psychiques de sa fille à l’ambassade de l’Egypte au Liban.

 

 

 

L’avocat de Mona Al Mazbouh a fait appel, la prochaine audience est prévue pour le 29 juillet.

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