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La directrice du CJB Sabrina Mervin démissionne

La Dépêche | 14 septembre 2017 à 10 h 09 min | Mis à jour 14 septembre 2017

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La directrice du CJB Sabrina Mervin démissionne

Accusée par son équipe et par plusieurs chercheurs marocains de "racisme" et de "harcèlement" envers ses employés, la directrice générale du Centre Jacques Berque, Sabrina Mervin, a présenté sa démission ce mercredi 13 septembre. Sa démission n'a pas encore été officiellement acceptée.

 

"Madame Mervin a bel et bien démissionné. Elle n’en pouvait plus de cette cabale dressée contre elle. Elle doit se reposer maintenant", a affirmé à La Dépêche un proche de l’ex-directrice du CJB, structure ayant le statut d’Institut français de recherche à l'étranger (IFRE), placée sous la tutelle du CNRS et du Ministère français des Affaires étrangères.

 

"Cela fait plusieurs années que madame Mervin travaille sur le Moyen-Orient, elle n’a jamais rencontré de problèmes de ce genre", poursuit notre interlocuteur.

 

L’ambassade prend acte

Du côté de l’ambassade de France au Maroc, une source diplomatique autorisée indique à La Dépêche que "madame Mervin, très affectée par les attaques anonymes malveillantes dont elle fait l’objet, a décidé de son plein gré de démissionner de ses fonctions de directrice du CJB".

 

"Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères ainsi que le CNRS, qui sont les deux tutelles du CJB, prendront bientôt les mesures qui s’imposent pour rétablir un climat de sérénité et assurer la gestion du centre de façon pérenne", poursuit notre source.

 

Le 8 septembre, une pétition anonyme sur Change.org adressée au président français Emmanuel Macron, accusait la directrice de faire "régner un climat de terreur en toute impunité" au sein du CJB. Elle accusait également Sabrina Mervin d’avoir écarté des doctorants et des chercheurs, "souvent avec des relents de néocolonialisme et de racisme".

 

La pétition partiellement remise en cause

Plusieurs chercheurs anciennement associés au CJB ont cependant désapprouvé dans une lettre publiée prochainement que La Dépêche a pu consulter, certains "termes excessifs, notamment en ce qui concerne le racisme, le néocolonialisme et le révisionnisme", contenus dans la pétition anonyme.

 

Ils reconnaissent néanmoins avoir constaté une "situation catastrophique" au sein du centre de recherche. "L’actuelle directrice a peu à peu découragé, par sa conduite et ses rebuffades, la majorité des chercheurs et des doctorants qui le fréquentait naguère", peut-on encore lire dans cette lettre.

 

L’ex-directrice générale du CJB avait déposé une première démission en juillet 2017, avant de se rétracter. Plusieurs employés ou ex-employés du Centre Jacques Berque ont été hospitalisés à cause de leurs conditions de travail, comme l’attestent les documents médicaux dont La Dépêche a pris connaissance et qui font mention de troubles du sommeil, de crises d’angoisses dues à un stress intense ou de choc émotionnel.

 

 

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