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Des créatifs marocains non grata aux Africa Design Days

La Dépêche | 2 juillet 2017 à 12 h 26 min | Mis à jour 21 mars 2018

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La première édition des Africa Design Days, qui s’est tenue à Rabat les 29 et 30 juin, ne s’est pas passée comme prévu. Alors que l’événement, créé à l’initiative du designer marocain Hicham Lahlou, a accueilli plusieurs panels et conférences autour des industries créatives en Afrique, certains designers marocains accusent l’organisateur de les avoir empêché d’accéder à l’événement pour des motifs personnels.

Parmi eux, le designer marocain Younes Duret s’est érigé en porte-voix. Dans des vidéos publiées sur Facebook et Instagram, il a expliqué s’être fait refuser l’accès des Africa Design Days sans motif convaincant. La vidéo est visionnée plus de 20.000 fois et fait le tour du web.

« J’avais l’impression que c’était personnel »

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« Je trouve cette mésaventure totalement regrettable. Je me suis dit que ce n’était pas possible que quelque chose comme cela puisse arriver », raconte-t-il à La Dépêche. Le designer marocain dit s’être fait refuser son accréditation en tant que designer, avant de décrocher un badge d’entrée grâce à un magazine marocain spécialisé en design qui le compte parmi ses collaborateurs.

Malgré cette confirmation de l’organisation, Younes Duret s’est fait refuser l’entrée aux Africa Design Days. « J’avais l’impression que c’était personnel. Après la publication de la vidéo, plusieurs autres professionnels du domaine m’ont assuré qu’ils n’ont pas pu accéder à l’événement. C’est là que j’ai décidé d’être le porte-voix d’une frustration commune », nous dit-il.

Un membre de l’organisation, contacté par la rédaction, assure « ne pas avoir trouvé son nom sur le système d’accréditation, malgré le fait qu’il a reçu un mail de la part de l’équipe qui lui confirme son droit d’entrée ». L’organisation reconnait néanmoins qu’il aurait pu y avoir des manquements dus à la pression générée par l’organisation de cette première édition.

Une tentative d’apaiser la situation

Toutefois, l’organisation de l’événement a contacté Younes Duret après le visionnage des vidéos publiées. « On m’a finalement proposé de rentrer l’après-midi, sans garantie de pouvoir accéder à l’événement les jours suivants, à condition de supprimer les vidéos que j’ai postées sur internet », raconte Younes Duret.

Des propos que dément l’organisation. « Nous avons essayé de calmer les choses. Nous avons essayé de l’inviter à déjeuner et à participer à l’événement. Mais nous n’avons en aucun cas exigé qu’il supprime les contenus publiés. Cela dit, un membre de l’organisation l’a exhorté à le faire, ne serait-ce que pour la réputation du pays qui organise l’événement. »

« Personne n’a le monopole du design africain »

Contacté par La Dépêche, le designer Hicham Lahlou, qui organise l’événement avec l’appui de World Design Organisation, a expliqué qu’il ignorait tout de cet incident. « Ce sont des tâches gérées par une équipe dédiée », a-t-il souligné. Et de poursuivre : « C’est un événement qui est fait à titre individuel et bénévole, pour faire la promotion de la création africaine. C’est un projet participatif, personne n’a le monopole du design africain ».

Hicham Lahlou regrette également que « Younes Duret ne l’ait pas appelé personnellement pour régler le problème ». Chose que l’intéressé lui reproche également à son tour. « J’ai beaucoup de respect pour Younes Duret. C’est quelqu’un qui s’est imposé à l’international par le force de son travail », nous dit-il, dans un effort d’apaisement. « Le plus important, c’est que les gens qui sont venus de partout dans le monde sont très contents. Nous faisons ça pour le rayonnement du Maroc à l’international », conclut-il.

Mais cet incident est peut-être un mal pour un bien. Car depuis la circulation massive des vidéos de Duret, le jeune designer a créé un groupe de réflexion avec plusieurs créatifs issus du continent afin de travailler sur un projet concert. « Nous avons créé ce groupe pour trouver des solutions, discuter, organiser des événements et partager davantage », indique celui qui se désole de « l’absence de visibilité des créatifs africains à l’échelle internationale ».

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