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Des créatifs marocains non grata aux Africa Design Days

La Dépêche | 2 juillet 2017 à 11 h 26 min | Mis à jour 3 juillet 2017

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Des créatifs marocains non grata aux Africa Design Days
© DR

La première édition des Africa Design Days, qui s’est tenue à Rabat les 29 et 30 juin, ne s’est pas passée comme prévu. Alors que l’événement, créé à l’initiative du designer marocain Hicham Lahlou, a accueilli plusieurs panels et conférences autour des industries créatives en Afrique, certains designers marocains accusent l’organisateur de les avoir empêché d’accéder à l’événement pour des motifs personnels.

Parmi eux, le designer marocain Younes Duret s’est érigé en porte-voix. Dans des vidéos publiées sur Facebook et Instagram, il a expliqué s’être fait refuser l’accès des Africa Design Days sans motif convaincant. La vidéo est visionnée plus de 20.000 fois et fait le tour du web.

"J’avais l’impression que c’était personnel"

"Je trouve cette mésaventure totalement regrettable. Je me suis dit que ce n’était pas possible que quelque chose comme cela puisse arriver", raconte-t-il à La Dépêche. Le designer marocain dit s’être fait refuser son accréditation en tant que designer, avant de décrocher un badge d’entrée grâce à un magazine marocain spécialisé en design qui le compte parmi ses collaborateurs.

Malgré cette confirmation de l'organisation, Younes Duret s’est fait refuser l’entrée aux Africa Design Days. "J’avais l’impression que c’était personnel. Après la publication de la vidéo, plusieurs autres professionnels du domaine m’ont assuré qu’ils n’ont pas pu accéder à l’événement. C’est là que j’ai décidé d’être le porte-voix d’une frustration commune", nous dit-il.

Un membre de l'organisation, contacté par la rédaction, assure "ne pas avoir trouvé son nom sur le système d’accréditation, malgré le fait qu’il a reçu un mail de la part de l’équipe qui lui confirme son droit d’entrée". L'organisation reconnait néanmoins qu’il aurait pu y avoir des manquements dus à la pression générée par l’organisation de cette première édition.

Une tentative d’apaiser la situation

Toutefois, l’organisation de l’événement a contacté Younes Duret après le visionnage des vidéos publiées. "On m’a finalement proposé de rentrer l’après-midi, sans garantie de pouvoir accéder à l’événement les jours suivants, à condition de supprimer les vidéos que j’ai postées sur internet", raconte Younes Duret.

Des propos que dément l'organisation. "Nous avons essayé de calmer les choses. Nous avons essayé de l’inviter à déjeuner et à participer à l’événement. Mais nous n’avons en aucun cas exigé qu’il supprime les contenus publiés. Cela dit, un membre de l’organisation l’a exhorté à le faire, ne serait-ce que pour la réputation du pays qui organise l’événement."

"Personne n’a le monopole du design africain"

Contacté par La Dépêche, le designer Hicham Lahlou, qui organise l’événement avec l’appui de World Design Organisation, a expliqué qu’il ignorait tout de cet incident. "Ce sont des tâches gérées par une équipe dédiée", a-t-il souligné. Et de poursuivre : "C’est un événement qui est fait à titre individuel et bénévole, pour faire la promotion de la création africaine. C’est un projet participatif, personne n’a le monopole du design africain".

Hicham Lahlou regrette également que "Younes Duret ne l’ait pas appelé personnellement pour régler le problème". Chose que l’intéressé lui reproche également à son tour. "J’ai beaucoup de respect pour Younes Duret. C’est quelqu’un qui s’est imposé à l’international par le force de son travail", nous dit-il, dans un effort d’apaisement. "Le plus important, c’est que les gens qui sont venus de partout dans le monde sont très contents. Nous faisons ça pour le rayonnement du Maroc à l’international", conclut-il.

Mais cet incident est peut-être un mal pour un bien. Car depuis la circulation massive des vidéos de Duret, le jeune designer a créé un groupe de réflexion avec plusieurs créatifs issus du continent afin de travailler sur un projet concert. "Nous avons créé ce groupe pour trouver des solutions, discuter, organiser des événements et partager davantage", indique celui qui se désole de "l’absence de visibilité des créatifs africains à l’échelle internationale".

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