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Ceci est un cri d'alarme pour une région que j'aime...

La Dépêche | 16 octobre 2017 à 9 h 23 min | Mis à jour 16 octobre 2017

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Ceci est un cri d'alarme pour une région que j'aime...
© Sami Ameur

 

Ce texte est une bouteille à la mer, un cri d’alarme pour une région qui me tient à cœur, celle de Oualidia, entre Sidi Abed et le Cap Beddouza. Je ne suis pas spécialiste en communication mais je pense qu'il faudrait que les autorités prennent conscience qu’il faut totalement revoir la gestion de ce territoire, dans l’intérêt de ses habitants mais aussi de son écosystème.

 

 

Cette portion de côte d’environ 76 km est exceptionnelle. Elle comprend 2 lagunes (Sidi Moussa et Oualidia) classées RAMSAR ainsi que trois grands types de zones humides (lagunes côtières, marais salants et marais d’eau douce/saumâtre). Il y a aussi de nombreux « saints/marabouts » d’une grande importance culturelle et sociale. On y fait de l’agriculture, on y pêche des huîtres et produit du sel. Cette région attire de plus en plus de touristes.

 

Oualidia joue aussi un rôle prépondérant dans la recharge de la nappe phréatique. Le complexe est d’une importance majeure pour l’hivernage et le passage de plusieurs espèces d’oiseaux remarquables menacées ou vulnérables.

 

LIRE : Au Maroc, la corruption augmente de manière spectaculaire

 

Pourtant, ces dizaines de kilomètres de plages encore sauvages font face depuis plusieurs décennies à un massacre organisé sous le regard complice de certains.

 

Anarchie totale et oiseaux migrateurs en péril

 

Une route a été construite sur la lagune sud et cause son assèchement. De nombreux oiseaux sont morts. Pourtant, cette route ne mène nulle part. Les quads détruisent chaque été un peu plus la forêt située au sud de notre petite cité balnéaire.

 

Des déchets solides type emballage alimentaire mais aussi des matériaux de construction (briques, morceaux de bétons) jonchent toutes les plages. Les petites gargotes non aménagées laissent, chaque été les plages, dans un état lamentable, et cela empire d’année en année. Il faut certes que les gens trouvent de quoi vivre, mais que cela se fasse avec une charte et que des sanctions soient prises.

 

Un Parking a été construit détruisant ainsi plusieurs milliers de mètres carrés de dune. D'ailleurs où est passé le sable? Qui a profité de sa vente?

 

Une « conurbation » est en train de se former dans l’anarchie la plus totale. Les constructions ne respectent aucune charte architecturale et vont contre le simple bon sens saccageant au passage les paysages…

 

Enfin, l’agriculture intensive de tomates, loin de permettre un meilleur revenu aux habitants de la région, ne fait que répandre des plastiques noirs et des produits phytosanitaires dangereux dans la nature et les nappes phréatiques.

 

Toute cette région au fort potentiel touristique et agricole est en train de sombrer dans la médiocrité à cause de personnes en place car, il faut être clair, ceci n’est que la conséquence de choix ou de l'absence de décisions des autorités.

 

Un terrain de foot pour Oualidia

 

Pourtant des solutions existent. Pourquoi ne pas créer une appellation d’origine pour le maraîchage de la région, en aidant les agriculteurs à produire de manière raisonnée tout en leur garantissant un accès aux marchés de Casablanca, Rabat ou Marrakech à des prix supérieurs de ceux de l’agriculture « classique » polluante ?

 

Pourquoi ne pas arrêter net l’extraction de sable dans la région et mettre en place un contrôle rigoureux? Pour les quads, des circuits balisés pourraient être créés. Les guides devront alors les respecter.

 

Nous pourrions planter tout le cordon dunaire et sensibiliser les enfants des écoles de la région au respect de leur lieu de vie. On ne respecte que ce que l’on connaît et comprend.

 

Plutôt que construire, à plusieurs millions de dirhams des avenues aux lampadaires dignes de la planète Mars, nous pourrions aménager les routes que le touriste ne voit pas ( celles derrière les « Main streets »), des terrains de sport… La ville de Oualidia n’a aucun terrain de foot pour la jeunesse! Cela surprendrait agréablement une population peu habituée à être traitée dignement et cela pourrait lui faire changer,en partie, son point de vue sur la chose publique…

 

Faisons de cette ville un exemple en termes de tourisme responsable qui profite réellement et de manière durable aux enfants de la région.

 

Un article ne suffit pas à tout énoncer, il faudrait organiser cela…

 

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