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« La candidature du Maroc au Mondial 2030 doit se préparer dès aujourd’hui »

La Dépêche | 2 juillet 2018 à 14 h 05 min | Mis à jour 2 juillet 2018

Propos recueillis par

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Entre la poursuite du rêve de l’organisation de la Coupe du monde et l’euphorie engendrée par l’honorable prestation des Lions de l’Atlas au Mondial russe, les attentes des amoureux du ballon rond au Royaume enflent. Chercheur et expert en politiques sportives, D. Moncef El Yazghi livre à la Dépêche son analyse de l’état du football au Maroc ainsi que ses propositions pour « une véritable épopée sportive » nationale.

 

La participation du Maroc au Mondial 2018 et la bonne prestation de l’équipe nationale durant la compétition résultent-elles d’une politique sportive déterminée ?

Si l’on avance que la qualification de l’équipe nationale au Mondial et le bon niveau dont elle a fait montre viennent en résultat d’une politique sportive, cela sous-entend que notre championnat national de foot est lui aussi de haut niveau. Or le onze marocain est principalement composé de joueurs évoluant à l’étranger. En effet, le Maroc, depuis pratiquement le début des années 2000, voire la fin des années 1990, recourt au joueur prêt, formé et entraîné en Europe, qui évolue dans des compétitions de grand niveau. Quant à la politique sportive nationale, elle est jusque-là inexistante. Car il ne suffit pas d’avoir un ministère des Sports pour prétendre disposer d’une politique sportive. Cette dernière n’est effective que si elle est adoptée par l’ensemble du gouvernement.

 

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Il y a eu tout de même, depuis l’arrivée de Ali Fassi-Fihri à la tête de la Fédération royale marocaine de football, des efforts comme la réhabilitation de certains terrains, le soutien aux clubs, la régularisation des entraîneurs, mais ces actions restent insuffisantes. Et les chiffres en témoignent: 64.000 licences de joueurs seulement, 74.000 unités sportives pour 34 millions d’habitants. Ce qui est très peu.

 

Le foot marocain semble être en forme: l’équipe nationale a regagné la confiance des supporters, le Wydad est vainqueur de la Champions League africaine 2018, et l’équipe nationale locale a remporté la CHAN. Que faut-il faire selon vous pour maintenir cette cadence?

Il faut concevoir une stratégie claire à long terme qui ne change pas avec le changement des personnes. On opte pour les joueurs prêts depuis les années 2000, c’est une situation éphémère.

Et le pire, c’est que même pour les catégories juniors, on part en Europe chercher des joueurs d’origine marocaine pour intégrer nos clubs nationaux.

Il faut un certain équilibre entre les clubs afin qu’ils bénéficient tous d’un encadrement. Les initiatives de réformes passées ont trouvé face à elles des clubs et des individus qui refusaient le changement, car dans certains cas, les amendements voulus nuisent aux intérêts de quelques groupes ou personnes. C’est pourquoi je préconise une stratégie globale et déterminée, à laquelle des fonds et des ressources humaines seraient attribués.

 

Après l’échec de la candidature Morocco 2026, comment éviter que le même scénario ne se reproduise pour le dossier de 2030?

Je pense qu’on se doit d’abord de remercier le comité de candidature Morocco 2026 pour le travail qu’il a effectué et les nombreux déplacements qu’il a menés pour rencontrer plus de 160 fédérations footballistiques dans le monde. Cependant, et sans remettre en cause la qualité du dossier, une évaluation de ce travail s’impose.

 

Maintenant qu’on vise l’organisation de la Coupe du monde 2030, ce serait une erreur de tourner la page du dernier dossier, comme on l’a fait pour les anciennes candidatures. En 2030 aussi, nous aurons affaire au vote de 211 fédérations de football affiliées à la FIFA. On sait que durant le dernier vote, des pays amis ont tourné le dos au Royaume en votant pour United 2026.

Il faut à mon avis éviter les discours populistes contre ces pays, pour ne pas tomber dans des brouilles diplomatiques qui pourraient nous faire perdre leur soutien  lors de la prochaine candidature.

Au contraire, il faut trouver le moyen de gagner la confiance des membres de la FIFA.

 

Quelles leçons doit-on en tirer?

Le Maroc a réussi à faire comprendre que l’organisation de la Coupe du monde était un rêve à ses yeux, et qu’il a désormais un héritage dans les dossiers de candidature.

Cela signifie aussi que toutes les infrastructures doivent être en place d’ici 2030, comme l’a promis le comité de candidature.

Lorsque le Maroc a perdu l’organisation de la Coupe du monde 2010 face à l’Afrique du Sud, Driss Jettou, Premier ministre de l’époque, avait assuré que les chantiers prévus dans le dossier seront poursuivis.  Cet engagement a en partie été respecté par la construction de nouveaux stades et le réaménagement d’autres terrains. Aujourd’hui aussi, les promesses doivent être tenues avec un taux de réalisation de 60% au minimum, dans l’objectif de faire du Maroc le premier pays en termes d’infrastructures en Afrique. De l’autre côté, la FIFA s’intéresse de plus en plus aux gains financiers engendrés par les Coupes du monde. Si l’on veut que le dossier marocain soit aussi solide que celui de concurrents de poids comme la Chine ou l’Angleterre, il faut lancer dès maintenant les études nécessaires pour savoir comment concevoir un dossier avantageux aussi bien pour le Maroc que pour la FIFA.

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