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Ces barbelés qui empêchent les familles algéro-marocaines de se rencontrer…

La Dépêche | 5 février 2018 à 13 h 10 min | Mis à jour 21 mars 2018

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Les autorités algériennes ont récemment installé à Oued Kiss, dans l’Oriental, des barbelés, officiellement pour « juguler l’immigration marocaine ». Au grand dam des familles algéro-marocaines, qui s’y rendaient pour prendre des nouvelles de leurs proches, de part et d’autre de la frontière…

 

À 60 kilomètres d’Oujda, Bin Lejraf, entre-falaises en français: le lieu est emblématique. Cette frontière naturelle, matérialisée par  l’Oued Kiss sépare la plage de Saidia et l’entrée du port Ben M’hidi (dit aussi Port-say). Elle est surtout un lieu de rencontre pour les familles algériennes et marocaines, désunies par la fermeture des frontières depuis 1994, et par les quelques mètres du lit du fleuve.

 

À l’ombre des arbustes courant le long l’Oued Kiss asséché la plupart du temps, se rendent les parents des deux pays, de part et d’autre de la rive, pour s’enquérir des nouvelles d’un cousin marié, apprendre le décès d’une vieille tante malade, se réjouir de la naissance d’un neveu…

 

« Deux pays, un seul peuple »

En été, ce point de rencontre est le lieu où des vacanciers, en route vers les plages de Saidia ou de Port-say, font escale, pour brandir des drapeaux et scander les slogans de fraternité: « Khawa Khawa (frères, frères) », « Deux pays, un seul peuple ».

 

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Deux pays, un seul peuple, mais une frontière imperméable depuis 1994, et à plus forte raison à cet endroit précis: après avoir aligné des dizaines de kilomètres de tranchées sur le long de sa frontière Nord-Ouest avec le Maroc, l’Algérie a construit une muraille de barbelés à Bin Lejraf.

 

Mesure préventive?

Début  janvier 2018, selon la chaîne de TV algérienne Annahar, les autorités du pays auraient procédé à ce « renforcement sécuritaire » à titre préventif, contre un éventuel flux migratoire venant de la région Est du Maroc.

 

Annahar rapporte également qu’il s’agit d’une mesure dissuasive, vu le « grand nombre de Marocains qui émigrent pour travailler dans le secteur de la construction en Algérie, à cause de l’expansion du chômage dans l’Oriental du Maroc ».

 

Mais en réalité, barbelé ou pas, il est quasi impossible pour quiconque de traverser le fossé de Bin Lejraf, vu le dispositif sécuritaire mis en place à la fois par le Maroc et par l’Algérie. Plusieurs éléments des gardes des frontières sont répartis en permanence tout au long des deux rives, des patrouilles des gendarmes font constamment des allers-retours, et des dizaines de tours de contrôle sont érigées sur les falaises.

 

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Moralité, la seule « vertu » de ces barbelés semble être d’empêcher les familles dispatchées côté algérien et marocain de pouvoir percevoir distinctement leurs proches. En attendant une réouverture des frontières, aussi incertaine soit-elle.

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