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Agadir, abattage des chiens errants avant la visite de la FIFA?

La Dépêche | 9 avril 2018 à 20 h 28 min | Mis à jour 9 avril 2018

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A quelques jours de l’arrivée de la Task force de la FIFA à Agadir (les 17 et 18 avril), les autorités locales mèneraient une campagne de “nettoyage” contre les chiens errants dans les communes et villages avoisinant la capitale du Souss.

 

En dépit des campagnes de sensibilisation des associations de protection animale, l’abattage des chiens errants à la chevrotine (tout comme l’empoisonnement des chats de rue), reste une pratique courante au Maroc. Des exécutions menées de nuit et en pleine rue, confirmées par des étrangers vivant dans ces villages ainsi que par des touristes venus profiter du beau temps sur la plage de Taghazout.

 

« Vendredi 6 avril, vers 1h du matin à Tamraght, je suis sortie en voiture après avoir entendu des coups de feu au village. J’ai compris qu’on était en train d’abattre des chiens car ce n’est pas la première fois que ça arrive. Il y avait du sang partout et des douilles de balles réelles« , raconte à La Dépêche, Roberta, résidente suisse au Maroc.

 

Aucun bilan des chiens abattus n’est disponible ni même une communication officielle à ce sujet. Contacté par nos soins, un membre du Conseil communal d’Agadir a nié que ce dernier ait ordonné une quelconque opération du genre, assurant que le Conseil traite ce sujet en collaboration directe avec l’association de protection animale “Le coeur sur la patte” depuis 2016. Celle-ci s’évertue en effet en collaboration avec les autorités locales à stériliser et taguer les chiens et chats errants d’Agadir et ses environs.

 

 

A son tour, l’association, à travers son avocat Me Youssef Rharib, nous a affirmé qu’elle n’a enregistré aucun cas d’abattage de chien à Agadir. « Ce sont des particuliers qui ont partagé des photos et vidéos d’abattage de chiens sur les réseaux sociaux. Lorsque l’association, qui dispose d’une convention avec le Conseil communal d’Agadir, observera des pratiques pareilles, elle communiquera via son représentant les informations recueillies« , a tenu à préciser l’avocat au barreau de Casablanca.

 

« On essaie de nous faire taire »

Selon les défenseurs de la cause animale, l’extermination au fusil ou au poison, en plus des souffrances qu’elle génère chez les animaux, est inefficace et coûteuses. Il est notamment prouvé que les chiens et les chats étant des espèces territoriales, tout territoire “nettoyé” de ses occupants précédents sera inéluctablement “reconquis” par d’autres animaux. En outre, chiens et chats étant dotés d’un grand instinct de survie, plus on en élimine, plus les mises bas des femelles sont rapprochées et multiples.

 

LIRE: Les 5 nouvelles normes de la FIFA qui plombent le dossier marocain

 

D’autres méthodes sont privilégiées pour lutter contre la surpopulation animale et la propagation de maladies transmissibles à l’homme comme la rage. Les associations de défense des animaux dénoncent non seulement des « crimes » contre des êtres vivants, mais également un danger pour les humains au vu des armes utilisées. « On a tiré sur un chien à cinq mètres de la maison de mon amie, sans même nous aviser d’un danger potentiel. On se croirait dans la jungle« , déplore Roberta qui lance un appel aux autorités et au Roi pour protéger les habitants  « contre ceux qui tuent des êtres vivants« .

 

Connu pour son grand afflux touristique, cette zone au nord d’Agadir et aux plages somptueuses est en passe de devenir un « cauchemar » pour les touristes et les étrangers qui y ont élu domicile.

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