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Affaire Bouachrine: Où en est-on?

La Dépêche | 9 mars 2018 à 17 h 28 min | Mis à jour 21 mars 2018

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Ce jeudi 8 mars, Taoufik Bouachrine comparaissait devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca, pour la première audience d’un procès qui s’annonce agité.

 

Le procès Bouachrine a commencé hier dans une atmosphère mouvementée. Journalistes et acteurs de la société civile ont pu, une fois n’est pas coutume, assister sans trop d’encombres à la première audience opposant le directeur de publication d’Akhbar Al Yaoum à ses présumées victimes.

 

Suspecté notamment de viol, de tentatives de viol, d’agressions sexuelles et de traite d’êtres humains, et poursuivi par trois plaignantes qui se sont constituées partie civile, Taoufik Bouachrine était soutenu par une quinzaine d’avocats, tandis que sept autres défendaient ses victimes présumées, dans une audience où l’Association marocaine des droits humains (AMDH) s’est invitée comme “observateur ».

 

Après avoir dû lever l’audience quatre fois en raison de vifs échanges entre les défenses des deux parties, le juge a ajourné le procès au 15 mars prochain. Mais le fait marquant de cette journée a été le recours pour “falsification” déposé par les avocats de Bouachrine contre la présentation du procureur, selon laquelle l’accusé aurait été pris en flagrant délit. Un recours que le principal concerné a signé séance tenante, tandis que le représentant du parquet général criait au caractère illégal d’une telle démarche.

 

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La défense du journaliste a également affirmé durant l’audience que l’une des témoins, Afaf Bernani, a elle aussi porté plainte contre l’officier de police judiciaire qui l’a entendue, pour falsification de ses propos dans le procès-verbal.  

 

Une affaire « normale »

Si les partisans de l’innocence de Bouachrine considèrent que ce procès revêt un caractère « politique », les avocats des victimes présumées le voient, eux, comme « une affaire normale ». « Certaines personnes veulent accoler à ce procès une dimension politique, alors que les conditions d’un jugement équitable sont garanties par le tribunal », nous a confié Amina Talbi, avocate des plaignantes.

 

Me Talbi a également réagi aux « allégations » de la défense de Bouachrine, qui accuse le parquet d’avoir caché les plaignantes et les témoins durant le procès. Pour l’avocate au barreau de Casablanca, c’est la nature des chefs d’accusation qui impose ce procédé. « Quand il s’agit d’une affaire de traite d’êtres humains, le parquet est obligé par la loi de protéger les victimes et de leur préparer une salle isolée loin des regards. Le tribunal ne fait qu’appliquer la loi, surtout que l’état psychique des victimes s’est détérioré », explique-t-elle.

 

De « grandes surprises »

De l’autre côté, la défense du patron de presse ne cache pas son « indignation » quant au déroulement du procès, jugé “bourré d’infractions à la procédure ». « Nous avons déposé certains recours préliminaires et il en reste d’autres sur la procédure, que nous comptons faire savoir prochainement », confie à La Dépêche Abdessamad Idrissi, avocat de Bouachrine, qui promet de « grandes surprises » lors des audiences futures.

 

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L’avocat a également assuré que les deux plaignantes, Khouloud Jabri et Naïma Lahrouri, ne sont pas concernées par les vidéos que le parquet dit détenir. « À aucun moment sur les PV il n’est énoncé que les deux plaignantes font partie des femmes figurant sur les vidéos », martèle celui qui qualifie l’affaire Bouachrine “d’affaire du siècle ».

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